Innervisions •  Le meilleur du label house de Berlin en 6 artistes

Innervisions • Le meilleur du label house de Berlin en 6 artistes

Focus sur les producteurs du label berlinois Innervisions que vous devez absolument connaître.

En fouillant dans ce label créé par Dixon et Âme, qui font partie des DJs les plus respectés mondialement en matière de musiques électroniques, il allait forcément en sortir du très bon.
C’est en 2005, à Berlin, place forte européenne de la House et de la Techno, que nait Innervisions. À l’origine conçu comme un sous-label de Sonar Kollektiv, label créé en 1997 sous l’impulsion de Jazzanova, Innervisions prit son indépendance en 2006 à l’occasion de la sortie de l’EP « Sleepy Hollow » par Stefan Goldmann. Au travers le label, Dixon, son fondateur, souhaitait s’éloigner de la maison-mère afin de créer une entité possédant sa sonorité propre, privilégiant la bonne vieille House aux autres styles musicaux afin de présenter une belle homogénéité dans sa discographie. Le nom Innervisions est une déclinaison de Innercity, la résidence mensuelle de Dixon au Weekend, un club berlinois situé au 12e étage d’un immeuble, offrant ainsi une vision plongeante sur la capitale allemande. À noter aussi que le label possède une identité visuelle bien marquée, résultat d’une collaboration avec le graphiste Ta Trung. Depuis son lancement, le label a sorti plus de 80 projets. Ce qui fait de lui l’un des labels les plus prolifiques d’Allemagne en matière de musiques électroniques. Ma sélection n’en fut que plus cornélienne, mais qui, je l’espère, ravira les oreilles du plus grand nombre, éduqué ou pas à la musique House.

 

ÂME

 

Co-fondateur d’Innervisions, Âme est un duo composé de Frank Wiedemann et Kristian Beyer. Pendant que le premier étudiait au conservatoire, le second vendait des disques dans sa boutique Platten:Tasche à Karlsruhe, petite ville située entre Stuttgart et Strasbourg. C’est d’ailleurs dans cette boutique qu’ils se rencontreront et formeront Âme en 2003. Ce qui est amusant dans l’histoire, c’est que les deux peuvent jouer séparément sous le même nom. On peut donc assister à un live de Âme au même moment, dans deux endroits différents. Considérés par beaucoup comme précurseurs d’une révolution musicale dans la House Music, non seulement pour leurs productions, mais aussi pour leur travail de digging qu’ils exploitent à fond durant leurs DJ sets, les deux allemands ont réussi à faire passer ce genre musical d’une image de musique « Lounge » ennuyeuse à une véritable musique de club au son frais, dansant et funky. Avec plus d’une vingtaine de sorties pleine de classiques sur les prestigieux labels Sonar Kollektiv, Innervisions, Ostgut Ton, Not On A Label ou Rush Hour, Âme n’a clairement plus rien à prouver dans le domaine. En parlant de classique, en voici d’ailleurs un qui est tiré de l’EP Rej, sorti en 2005 et seconde sortie officielle du label Innervisions.

 

MARCUS WORGULL

 

Débarqué chez Innervisions la même année qu’Âme, Marcus Worgull est l’un de mes favoris du label. Originaire de Cologne, ce DJ et producteur allemand s’est nourrit tout au long de sa jeunesse aux disques Disco, Jazz et Soul chinés chez Groove Attack un petit disquaire dans une bourgade appelée Wuppertal. De nos jours, cette boutique a déménagé au centre de Cologne et on peut retrouver derrière le comptoir, profitant de son poste de propriétaire du lieu. Après une première sortie chez Spectrum Works en 2001, Dixon et Âme prirent Marcus sous leur aile et le signèrent en 2005 pour sortir « Texel« , un EP qui reste encore dans les mémoires. Connu pour parvenir aisément à aller et venir entre les styles musicaux durant ses sets, on peut aussi retrouver Marcus Worlgull sous le nom de Vermont, pseudonyme du duo qu’il forme avec Danilo Plessow plus connu sous le nom de Motor City Drum Ensemble. Ensemble, ils unissent leur talent pour sortir des tracks sur le label Kompakt dans un style que l’on pourrait qualifier d’atmosphérique et contemporain. Confirmation de son talent de producteur 2 ans plus tard avec l’EP « Spellbound » dont nous allons maintenant écouter un joyeux extrait dans sa version Dub :

 

 

FRANKEY & SANDRINO

 

Duo germano-suisse composé de Frank Beckers et Sandrino Tittel. À l’origine, ils étaient tous deux résidents à temps partiel au Butan Club à Wuppertal près de Dusseldörf. Ce faisant, ils se côtoient et se connaissent depuis plus d’une dizaine d’années maintenant. Leur complémentarité vient du fait que le premier possède une sorte de génie technique et musical tandis que le second apporte une vision claire sur chaque détail de leur musique. La symbiose est donc parfaite. Avec un style que l’on pourrait qualifier de stratosphérique ou de cosmique, les deux compères ont rallié à leur cause les critiques depuis la sortie de leur tubesque EP « Acamar » le 29 juin 2015 sur Innervisions. Avant cette superbe sortie, le duo avait lancé un premier pavé dans la mare House avec leur EP « Saved » sorti aussi chez Innervisions. Avec leurs textures soyeuses, l’extravagant synthé et la simplicité déconcertante des tracks, Frankey & Sandrino se sont donc imposés comme des éléments incontournables de scène House allemande.

 

 

HENRIK SCHWARZ

 

Originaire de Bodensee, au sud de l’Allemagne, Henrik Schwarz déménage rapidement à Berlin pour achever ses études de graphiste. Là-bas, il rencontre le Finlandais Klas-Henrik Lindbladn, fondateur du label Moodmusic sur lequel sort « Supravision » EP en 2002. Il se fait alors repérer par Gilles Peterson grâce aux sonorités exotiques qu’il utilise à profusion dans ses productions. C’est d’ailleurs ce qui fait sa marque de fabrique. De Robert Hood à James Brown, d’Arthur Russel à Carl Craig, Henrik Schwarz créé des ponts improbables entre la musique électronique et le reste de la culture mondiale. Il a d’ailleurs prouvé qu’il était capable de repousser les frontières de la musique en collaborant avec le pianiste de jazz contemporain Nik Bartsch à l’occasion d’une performance l’an dernier lors du festival Electrovanne en Suisse. Intitulée Scripted & Prepared, ce live mélange la puissance de l’acoustique classique et le pouvoir de la technologie autour de 2 pianos à queue. Il collabora également avec différents orchestres symphoniques comme celui du Luxembourg, de Stuttgart ou celui de Zürich. Aujourd’hui, on peut notamment le retrouver aux côtés de Âme et Dixon sous le nom de A Critical Mass. Toute cette culture musicale accumulée depuis des années l’a amené à signé des sorties sur des labels aussi variés que la Motown, Ninja Tunes, Defected Records, Universal Music et bien entendu Innervisions dont voici un extrait de « I Exist Because Of You Versions » sur lequel on peut retrouver l’ensemble de percussionnistes sud-africains Amampondo :

 

 

DIXON

 

Il fut tout d’abord un grand passionné de football. Tellement passionné qu’il finit vice-président du club de foot local FC Magnet Mitte avec qui il créera un bar et une boulangerie. À cause de cartilage fragile, il abandonna l’idée d’en faire son métier pour se consacrer à la musique. Bien lui en a fait quand on sait qu’il fut élu plusieurs années de suite meilleur DJ du monde par Résident Advisor. Après avoir délaissé le monde du ballon rond, il se dirigea très vite dans les clubs, intégra le label Strictly Ryhtm en temps que stagiaire puis se mit à mixer du breakbeat. Tombé dans le bain de musique House via les soirées au Trésor, à la Turbine ou au The Planet à Berlin, il rencontra un gars du nom de DJ Cle’, disquaire et membre du duo Martini Bros, qui lui proposa de venir passer des disques lors d’une soirée au Tresor. Une vocation est née. La suite, vous la connaissez, il squatte le club Week End avec sa résidence Innercity, puis fonde le label Innervisions avec Âme en 2005. Depuis ses débuts, Dixon ne compte que peu de sorties à son actif. On notera tout de même quelques edits et remixes de qualité comme celui ci-dessous. À juste titre, il se considérera d’ailleurs toujours meilleur DJ que producteur.

 

 

HOWLING

 

Parmi toutes les tracks présentés ici, s’il y en a un qui m’a trotté et me trottera toujours en tête, c’est bien celui-ci. Howling, c’est la collaboration improbable entre RY X, un artiste d’indie pop/folk signé sur le même label que Britney Spears et R-Kelly – Jive Records – et Frank Wiedmann, la moitié du duo Âme présenté précédemment. Le morceau éponyme de leur EP fut présenté le 25 janvier 2012 au Stattbad Wedding lors d’une Boiler Room menée de main de maître par Dixon en personne. En guise de closing à son set, le boss du label Innervisions balança sans prévenir ce titre venu de l’espace. La légende est née. Les Laurent Garnier, Moodymann et autres platinistes s’en donneront ensuite à coeur joie et joueront régulièrement ce track. Pour le plus grand plaisir de tous. Entre les beats minimalistes chers à Wiedmann et la voix de velours de l’Australien, cette collaboration des plus justes et sensuelles mérite d’être écoutée et réécoutée encore très longtemps. Voici donc le remix d’Âme du morceau éponyme de l’EP sorti le 23 août 2012 par le duo Howling :

 

 


 

Voilà pour Innervisions. Certains de ces artistes vous sont certainement familiers. Ce qui est intéressant dans ce label réside dans sa manière d’exploiter les subtilités de la house pour proposer des sorties toujours plus innovantes et jouissives. Des influences du monde de Henrik Schwarz au minimalisme d’Âme, en passant par les synthés fous de Frankey & Sandrino, Innervisions est pour moi l’un des meilleurs du genre et n’a plus rien à prouver, juste à continuer de dérouler cette vibe et visions qui leur est propre.

Alors c'était comment ?

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