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JAKARTA RECORDS • Entre innovateurs et diggers invétérés

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Créé par Jannis Stürtz et Malte Kraus, Jakarta Records est un label indépendant basé à Cologne. C’est lors d’un voyage entre l’Indonésie et la Thaïlande, en 2005, qu’ensemble, ils se lancent dans l’aventure labelistique. Depuis lors, ils construisent un label de musique aux allures de mappemonde, fait de signatures australiennes, brésiliennes et américaines ainsi que de collaborations venues de France comme du Ghana. Orienté black music et tous ses dérivés, il fait le bonheur des diggers de samples soul/disco, des aficionados hip hop et amateurs de musiques électroniques. Peu d’infos sont disponibles au sujet des créateurs du label. Sauf sur tout ce qui entoure le lancement de leur projet Habibi Funk, projet consistant à exhumer sur le net les plus belles perles de funk/disco d’origine arabe et africaine des années 60 et 70. Véritable hobby né de ses voyages par-delà le monde, les mixes de Jannis Stürtz sont disponibles en écoute sur Soundcloud. Mais revenons à l’activité du label et aux fameux artistes ayant contribué à son essor  :

 

RAASHAN AHMAD

 

MC californien au sourire communicatif, il fit d’abord partie du groupe Crown City Rockers (Raashan Ahmad, Kat O1O, Max MacVeety, Headnodic & Woodstock) avec qui il publia un premier LP en 2004, Earthtones. Quatre plus tard, il sort The Push, son premier album solo sur OM Records. En 2010, il signe sur Trad Vibe Records, le label de Moar, (ancien programmateur de la radio Prun’) pour un album qui reste encore beaucoup trop sous-estimé, For What You’ve Lost. Plusieurs EPs en collaboration avec Moar verront également le jour par la suite : Love, Seasons Change, Feel Good… En 2012, l’album Soul Power débarque sur les internets, pour le plus grands plaisir de ces aficionados. Enfin, en 2013 le californien signe chez Jakarta Records pour sortir Low Fidelity, High Quality, album en collaboration avec le producteur Ta-Ku, puis Ceremony en solo dont vous trouverez un extrait ci-dessous. Dernièrement, Raashan Ahmad a sorti deux projets de manière totalement indépendante. Le premier en collaboration avec le beatmaker Phoniks : Above The Clouds.
Acteur important du hip hop indépendant mais beaucoup trop discret, Raashan Ahmad aura tout de même su laisser son empreinte au travers ses belles sorties et innombrables show débordant de générosité. Aloe Blacc, Gift of Gab, 20syl, Awon, Slim Kid 3, autant d’artistes qui pourraient confirmer nos dires.

 

AKUA NARU

 

Entre soul, jazz et hip hop, la reine du label de Cologne s’appelle LaTanya Olatunji, plus connue sous le pseudonyme Akua Naru. Originaire de New Heaven aux Etats Unis, elle passa également une partie de son enfance à Philadelphie puis à New York. Après plusieurs voyages en Asie et en Afrique, elle finit par atterrir à Cologne en 2006. Depuis, elle y a élu domicile. 2010, The Backflip et The World Is Listening, ses premiers projets sortent de manière totalement indépendante sur Internet. Par la suite, elle se fait repérer par Wax Tailor puis par Patrice et Tony Allen qui l’invitent alors sur leurs albums respectifs. En janvier 2011, Jakarta Records lui permet de publier son premier album, A Journey Aflame, sur lequel on retrouve d’ailleurs ses deux premiers singles. Cet opus est une incontestable réussite, aussi bien artistique que critique. Artiste très engagée, elle décrit ses textes comme des « politics » plutôt que des « lyrics ». Je vous invite donc vivement à aller jeter un oeil dessus. Très influencé par le Jazz, la Soul et le Blues de la Nouvelle-Orléans, Akua Naru y incorpore néanmoins des rythmiques modernes, proche parfois du R’n’B. En septembre 2011, l’artiste balance l’EP Poetry : How Does It Feel ? tiré d’un morceau de son premier album. En 2015, Akua Naru revient avec The Miner’s Canary, un nouvel album de 16 titres composés et enregistrés entre Paris, New-York, Bruxelles, Sao Paulo et le Zimbabwe. On y retrouve notamment Georgia Anne Muldrow, Cody ChesnuTT, Ben l’Oncle Soul, Christian Scott et c’est une nouvelle réussite.

 

TA-KU

 

Inspiré aussi bien de la Future Beats que des plus grands classiques du hip-hop (J Dilla, DJ Premier, 9th Wonder…), Regan Matthews aka Ta-Ku est l’un des piliers de la nouvelle scène beatmaking internationale. Au même titre qu’un Kaytranada, Sango ou d’un Mr. Carmack, chacune de ses apparitions est un événement. Producteur, musicien et photographe, il se fait remarquer en 2008  lors de sa participation à la Red Bull Music Academy de Barcelone. Deux ans plus tard, il sort en indépendant son premier projet, The Lonely Stranger, puis un second, Scraps, avant de se faire repérer par le label de Los Angeles, Soulection, qui lui fait signer un EP, 24. La machine est lancée. Porté par la fame de la maison de disque de Joe Kay, Ta-Ku enchaîne par Latenyc, un nouvel EP sur un autre label californien, HW&W Records. En 2012, toujours chez HW&W, le natif de Perth gagne en notoriété en sortant 2 volumes du projet 50 Days For Dilla, des compilations de beats créés en hommage au célèbre beatmaker américain. Il réitérera ce principe dans un projet consacré au japonais Nujabes. En 2013, il signe chez Jakarta Records pour sortir l’album Dowhatyoulove ainsi que l’opus en collaboration avec Raashan Ahmad. Beatmaker ultra-productif, Ta-Ku continue de travailler de multiples projets indépendamment des sorties officielles sur les labels. On peut citer notamment Home, Dusty Vol.1Re ϟ Twerk Vol.II ou 2bits Lady Anthem. 2015, après de multiples projets chez HW&W, Melting Pot Music, Jakarta Records et Live For The Funk, il rejoint la dream team, label et roster australien Future Classic aux côtés des Chet Faker, Flume, Jagwar Ma, Flight Facilities et Thrupence. Il y sortira ses deux derniers projets en date, Songs To Make Up To et Median.

 

IVAN AVE

 

Eivind Øygarden est originaire d’Oslo en Norvège. Plus connu sous le nom d’Ivan Ave, il est l’un des meilleurs représentants de cette scène hip hop nordique en devenir. Pour ceux que ça intéresse, je vous renvoie vers Mutual Intentions, le collectif d’Ivan Ave composé des artistes Charlotte Dos Santos, Fredfades, Yogisoul, du photographe Moe Chakiri, du vidéaste Erik Treimann, du designer Hans Jørgen Wærner et de leur manager Stian Nicolaysen. Voilà, tous ces noms vous donneront plusieurs portes d’entrée vers le hip hop du nord. Aux côtés du génial producteur MNDSGN, il a sorti le 12 février dernier l’un des plus beaux projets hip hop de l’année à mon goût : Helping Hands. Leur collaboration date depuis la sortie de Low Jams, le premier fruit de leur entente en 2014. Flow suave, simple et direct, Ivan Ave ne fait pas de vagues en abusant des codes du genre et propose un rap aux variations jazz qui sonnent comme des évidences. Une rumeur dirait qu’un second album est d’ores déjà en production et enregistrement… Wait & see.

 

MURA MASA

 

En une mixtape et un maxi, Mura Masa est parvenu à se faire un nom dans le milieu du beatmaking et à faire plier Polydor en Europe et Interscope en Amérique. Et tout cela à seulement 20 ans. Alex Crossan de son vrai nom commença par créer son propre label en 2013, Anchor Point Records. L’année suivante, il tombe dans les filets de Jakarta Records avec qui il balance la mixtape Soundtrack To A Death. Portée par le morceau Lotus Eater et par la viralité des internets, le succès est immédiat. Il enchaîne par une apparition sur un various de Jakarta et sur un de Soulection qui lui fait les yeux doux. 2015, Jakarta lui permet de sortir l’EP Someday Somewhere qui confirmera son talent de beatmaker. Mura Masa enchaînera avec deux autres projets qui paraîtront sur son propre label. Aujourd’hui il entame une tournée européenne et passera par Paris le 17 novembre prochain au Trabendo. Sauvez la date !

 

BLUESTAEB

 

On termine ce tour d’horizon du label Jakarta Records avec Leon Giseke alias Bluestaeb. Ce dernier non plus n’a pas échappé à l’héritage des J Dilla, Nujabes, DJ Premier et Pete Rock. Avec Ivan Ave, Mura Masa et autres JuJu Rogers, Bluestaeb fait partie de cette nouvelle génération du hip hop qui imposent sans trop de peine leur maîtrise technique et talent d’innovateurs musicaux. Il se lance dans le game en 2013 via un projet disponible en vinyle portant le nom de 1991 Extraterrestrial. L’année suivante, on le retrouve sur une compilation du célèbre distributeur de disques HHV aux côtés de Figub Brazlevič et Juse Ju. Enfin, en 2015, il signe Rodalquilar chez Jakarta Records qui se révèle être la 1ère pierre angulaire du projet Bluesteab. Riche d’influences allant de la musique ouest-africaine au boom bap, en passant par la East Coast des États-Unis et le Future Beats, le berlinois est à surveiller car il n’a pas finit de nous surprendre.

 

J’aurais aussi pu parler de Kaytranada, L’Orange, Sango, Shuko, Blitz The Ambassador, Blu, DJ Vadim, Asagaya, 20syl ou d’Anderson .Paak, qui sont tous présents dans la discographie du label. Le choix fut cornélien mais j’ai voulu essayer de mettre en avant autant les artistes émergeant, de la nouvelle scène électronique notamment, aux côtés de ceux qui jouent avec les codes « traditionnels » de la culture hip hop. Au final, Jakarta Records, c’est la mappemonde musicale par excellence. Celle qui nous transporte, celle qui transpire la passion, celle qui nous surprend à chaque sortie, celle en qui l’on a une confiance absolue, celle qui transperce les styles et genres musicaux. Il y a un côté très « vrai » chez Jakarta. Une sorte d’aura familiale qui rime avec une qualité assurée. Vous l’aurez sans doute compris, le label au tigre blanc est probablement l’un de mes favoris.

TOMMY BOY • Label entre Hip Hop et Musique Électronique

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Tommy Boy est considéré comme le label ayant réussi à faire passer le hip hop d’une culture underground à un marché rentable et florissant. Il est aussi l’un des premiers à avoir créé des ponts entre le hip hop et la musique électronique.

Figure de proue majeure de cette culture originaire du Bronx, durant les années 80 et 90, Tommy Boy sera véritablement un incontournable du paysage musical global.
Nous sommes en 1978 et un certain Tom Silverman vient de recevoir un prêt d’argent de ses parents pour lancer son magazine Dance Music Report. Trois ans plus tard, en parallèle à son activité de rédacteur en chef, il lance son propre label, Tommy Boy Records. Aidé d’acolytes auteurs, compositeurs et producteurs comme Fred Zarr, Jon Robbie et surtout Arthur Baker qui lui présentera Afrika Bambaataa. Ce dernier participera grandement au développement du label grâce à son fameux Planet Rock. Pour se rendre compte de la portée culturelle du label, il faut imaginer un monde où le hip hop et la musique électronique n’existe quasiment pas. Difficile à concevoir n’est-ce pas ? La particularité de Tommy Boy sera donc sa capacité à innover et fusionner différents styles musicaux. Le morceau Planet Rock et son sample de Kraftwerk est d’ailleurs un exemple parfait. Pour illustrer la variété des morceaux et univers que l’on peut retrouver au sein du label, dites-vous que l’on a d’un côté des Afrika Bambaataa, Method Man, Ghostface Killah, Naughty By Nature et autres De La Soul, de l’autre il y a Masters At Work, LFO, Paul Oakenfold, Coldcut et même Bob Sinclar !

David Jude Jolicoeur aka Trugoy (from left), Vincent Mason aka P.A. Mase and Kelvin Mercer aka Posdnuos pose for a portrait outside the Apollo Theater in Harlem in September 1993

David Jude Jolicoeur aka Trugoy (à gauche), Vincent Mason aka P.A. Mase et Kelvin Mercer aka Posdnuos posent devant le Apollo Theater à Harlem en septembre 1993.

Nous sommes en 1985, le label est à son zénith. Il resplendit tellement que la Warner lorgne fortement dessus et finit par sortir son chèque pour acquérir 50% de Tomme Boy. Dans la foulée, Tom Silverman prend la place de vice-président de la major jusqu’en 1992, année de l’affaire C. Delores Tucker. Pour rappel, cette politicienne américaine est connue pour sa prise de position contre le Gangsta Rap et toutes les paroles misogynes ou sexuellement explicites que le genre peut diffuser. Une sorte d’Eric Zemmour américaine en fait. Elle subira jusqu’à sa mort en 2005, les foudres verbales des Tupac, 50 Cent et autres Eminem. En cette année 1992 donc, elle s’offre des parts au sein de la major afin de pouvoir protester contre cette forme d’expression qu’elle ne comprenait et n’acceptait pas. Ni une ni deux, Tom Silverman réagit et rachète 50% du capital de Tommy Boy puis revend la totalité en 2002. Cette année-là, Tommy Boy Records devient Tommy Boy Entertainment LLC, se sépare de la Warner et son fondateur lancera dans la foulée Tommy Boy Films LLC, une firme de production télévisée. Après cette intro de mille lignes, laissez-moi vous présenter quelques-uns des nombreux et fameux artistes du légendaire label new-yorkais :

 

DE LA SOUL

 

C’est probablement l’un des plus grands, l’un des meilleurs groupes hip hop qui n’est jamais existé. Ce trio originaire de Long Island dans l’état de New York possède une discographie et une aura tellement riche qu’une simple chronique ne serait suffisante pour représenter leur impact dans la culture hip hop. De La Soul, c’est donc trois potes d’école qui amenèrent une incroyable fraîcheur dans le hip hop des années 90. Armés de samples léché, d’un flow énergique et de paroles positives voire humoristiques, ils implantèrent leur univers coloré loin du G-Funk ou Gangsta Rap. Neo-hippie, alternatif, éclectique, leur style fit débat dans le milieu mais avec du recul, tout le monde s’accorde désormais à dire qu’ils étaient décidément beaucoup trop chauds !
Démonstration avec leur premier album, 3 Feet High and Rising, sorti en 1989, encore considéré aujourd’hui comme un chef d’oeuvre du hip hop. Entièrement produit par Prince Paul, le producteur du mythique groupe Stetsasonic, c’est ce dernier qui les mit en contact avec Tommy Boy et qui a produit l’intégralité de cet opus.

 

 

MASTERS AT WORK

 

Dans la catégorie musiques électroniques, le duo qui suit n’est pas moins emblématique que De La Soul l’est dans le hip hop. Tout est dans le nom : Masters At Work. Originaires de New York, Kenny Gonzales et Louie Vega vécurent et participèrent directement à l’arrivée et la démocratisation de la musique house dans les clubs et les oreilles du monde. À l’origine, Vega était un DJ plutôt populaire dans le milieu noctambule new-yorkais. Né dans le Bronx et d’origine porto-ricaine, il fut très tôt bercé par les disques de musiques latines. Gonzales, quant à lui vient de Brooklyn, En 1990, il rencontre le producteur Gonzales par le biais du DJ Todd Terry à l’occasion de la production du chanteur Marc Anthony. Vega fit appel à Gonzales pour la conception de quelques beats. L’histoire est lancée. Connus également sous les alias KenLou, Sole Fusion et Nuyorican Soul, le duo mélange une multitude d’influence allant du hip hop, funk, disco jusqu’aux sonorités latines ou africaines sous une même bannière prônant l’avènement du groove. Pour mesurer le talent et la popularité du duo, rappelez-vous que le duo a notamment produit des remix pour Michael Jackson, Daft Punk, Björk, Donna Summer, Madonna ou Earth Wind & Fire. Visez-moi plutôt ce morceau tiré de « Our Time Is Coming » sorti en 2001 chez Tommy Boy :

 

 

NAUGHTY BY NATURE

 

Sans doute l’un des groupes hip hop les plus populaires des années 90, Naughty By Nature est ensuite tombé dans l’oubli avant de ressurgir dans un bel élan de nostalgie. Tout débute en 1988, à East Orange dans le New Jersey. Le trio composé de Treach, Vin Rock et DJ Kay Gee s’appelle alors The New Style. Ensemble ils sortent un premier album, c’est un échec. Échec relatif cela dit. Suite à cet opus, Queen Latifah les remarque, les prend sous son aile et les fait intégrer Tommy Boy quelques années plus tard. En 1991, le trio a lâché The New Style pour le pseudo Naughty By Nature et sort un album éponyme qui fera date dans le game hip hop de l’époque. O.P.P., le titre phare de l’opus contient un sample plus que reconnaissable de ABC, le tube des Jackson 5. Il atterrit à la 6ème place du classement Billboard de l’époque. Il est également repris dans Le Prince de Bel-Air, Ma Famille D’Abord ou Monk. Leur album suivant, 19 Naughty III, achèvera de faire d’eux un groupe mythique. Porté par le morceau « Hip Hop Hooray » dont le clip réalisé par Spike Lee est agrémenté des apparitions de Queen Latifah, Eazy-E, Run-D.M.C., et Da Youngstas. Classic shit indémodable, je vous propose de vous replonger au début des années 90 :

 

 

COOLIO

 

Devinette : Je suis l’ex-petit ami d’Afida Turner qui m’a traîné chez Ardisson en 2000, on m’a revu en guest dans Les Anges de la télé-réalité saison 2, en 2011, où je me suis retrouvé la bouche collée à celle de Monia, ex-gagnante de Popstars et un candidat de The Voice a repris l’un de mes plus grands tubes en mode beatbox. Je suis, je suis … ?
Originaire de Compton, il fait ses premières armes au sein du gang de Los Angeles, Baby Crips. Les premiers micros qu’il tiendra seront aux côtés du groupe WC and the Maad Circle avec qui il sortira deux albums en 1991 et 1995 sur lesquels on peut notamment retrouver Ice Cube et Jay Dee à la production. En parallèle, dès 1994, Coolio signe chez Tommy Boy et sort son premier album solo « It Takes a Thief » qui est rapidement certifié disque de platine. Mais c’est l’année 1995 qui verra arriver la consécration pour l’ancien gangsta de Compton. Gangsta’s Paradise, tout le monde connaît ce morceau qui finira sur la bande originale du film Esprits Rebelles et sur l’album du même nom qui sortira à la fin d’année 95. Suite à cet opus qui ramène lui aussi un disque de platine, Coolio enchaîne avec cinq albums qui ne se vendront pas. La popularité est passée du côté de la East Coast et du Puff Daddy tout puissant. Désespéré, il finit malheureusement dans les bras de notre Afida Turner nationale et dans la foutue télé-réalité qui va avec. Mais rassurez-vous, aux dernières nouvelles, il s’est reconverti comme cuistot dans « Cookin’ with Coolio« , une émission culinaire retransmise sur le web. C’est un tel succès qu’il en a fait un livre de recette. Pas bête le Coolio…

 

 

HOUSE OF PAIN

 

Los Angeles est un véritable vivier en matière de pointures du monde hip hop. Ici je fais référence à un groupe composé de deux MCs originaire irlandaise : Danny Boy et Everlast accompagnés par DJ Lethal qui est d’origine lettonne. Les trois loubards forment House Of Pain et opèrent ensemble depuis leur signature chez Tommy Boy en 1991. Avant de se lancer ensemble, Everlast avait connu un petit succès sur la scène underground avec son premier album solo, Forever Everlasting en 1990. Le 21 juillet 1991, Tommy Boy balance à la face du monde le premier album de House Of Pain avec leur morceau culte « Jump Around » produit par DJ Muggs. Multi-disque de platine, le groupe n’est alors jamais aussi populaire. Après deux autres albums en 94 et 96 qui connaissent un moindre succès que le premier, Everlast décide de quitter le groupe et celui-ci se retrouve alors dissout. Danny Boy lancera alors une compagnie de direction artistique. DJ Lethal rejoindra l’équipe de metalleux de Limp Biskit. Everlast quant à lui continuera une carrière solo et sortira en 1998 son album « Whitey Ford Sings The Blues » qui, entre blues, rock et hip hop connaîtra un beau succès. Deux ans plus tard, il récidivera avec brio avec « Eat’s A Whitey » sur lequel on peut retrouver Santana, B-Real et The Alchimist. En 2005, les trois barlous se retrouvent autour du projet monté par Danny Boy, La Coka Nostra. House of pain fait aussi partie du collectif mené par B-Real de Cypress Hill, Soul Assassin aux côtés de Dilated Peoples, Xzibit, GZA, RZA, The Alchimist…
« Bref, finalement, House Of Pain c’est un rap de buveurs de bière tatoués à grande gueule, qui n’apprécient rien tant que se murger, faire la bringue et éventuellement distribuer quelques bourre-pifs. » Il parait d’ailleurs qu’ils se sont reformés histoire de vider quelques pintes de Guinness à l’occasion de la St Patrick à Boston en mars dernier.

 

 

QUEEN LATIFAH

 

Originaire de Newark dans le New Jersey, Queen Latifah est considérée comme l’une des pionnières en matière de hip hop féminin. Issue d’une famille de policiers, cet environnement particulier influencera fortement ses textes et son engagement artistique. Pour la petite histoire, c’est l’un de ces cousins qui, à l’âge de 8 ans lui donne le surnom de Latifah, qui signifie Délicate en langue arabe. Aux débuts des années elle débute en faisant du beatbox dans le groupe Ladies Fresh, groupe qu’elle monta avec ses amies Tangy B et Landy D, avant de se faire remarquer par Fab Five Freddy. De fil en aiguille, elle signera en solo chez Tommy Boy, sortira tout d’abord le single « Wrath of My Madness » en 1988 avant d’enchainer avec son premier album « All Hail the Queen » en 1989. Elle débarque alors comme une tornade dans l’univers hip hop toujours resté un peu machiste. Porté par les singles Ladies First et Princess of the Posse, son style entre hip hop, reggae et soul conquit très vite un large public. Elle écoule alors plus d’un million exemplaire de cet album. En 1991, la diva lance son propre label, Flavor Unit Records, et revient avec un second opus, Nature of a Sista’, mais c’est véritablement son troisième album, Black Reign qui achèvera de la mettre sur un piédestal. Elle obtiendra même un Grammy Award pour le titre U.N.I.T.Y. ! Quasi-simultanément, Latifah se lance dans une carrière cinématographique avec un petit rôle dans le film Jungle Fever de Spike Lee. On la retrouvera ensuite sur Juice, le film de Dickerson mettant en scène Tupac Shakur mais aussi dans le Prince de Bel-Air et dans des films allant de la science-fiction au drame. En 2002, c’est la consécration avec la comédie musicale Chicago dans laquelle elle danse, chante et joue à merveille aux côtés de Catherine Zeta-Jones et Renée Zellweger. En 2014, on a pu retrouver Latifah en train de chanter l’hymne américain à l’occasion de la finale du Superbowl.

 

 

Voilà pour Tommy Boy, j’ai été long mais pourtant si concis devant l’histoire, le panel d’artistes et le catalogue de releases du label. J’aurais pu aussi vous parler longuement de Prince Paul, Stetsasonic, Afrika Bambaataa, The Soulsonic Force, Deltron 3030 et bien d’autres encore… Big up Tommy Boy !

Millennium Jazz Music achève son tour du monde sous influence Jazz

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Vous aussi, découvrez les ambiances du monde entier en 10 mixtapes pleines de saveurs et de bon beats.

Dix, c’est le nombre de pays traversés musicalement par les beatmakers du projet The Jazz JoustersVingt-quatre, c’est le nombre de beatmakers ayant pris part au projet. Liste des beatmakers et liens à découvrir ci-dessous.

Petit topo du projet « Locations » par Millennium Jazz Music et The Jazz Jousters. Cette série composée dédié au beatmaking a pour but de mettre à l’honneur les différentes influences jazz venues du monde entier. Le tout composé par les artistes du label MJM et membres du collectif The Jazz Jousters. La première sortie de cette série date du 29 septembre 2014 et était consacré au Japon. La dernière est sortie le 5 avril 2016 et mettait à l’honneur le pays d’origine du label, l’Angleterre. La boucle est bouclée.

Du Nigéria, au Japon, en passant par l’Italie, Cuba, la Pologne, la France et l’Allemagne, c’est série de tapes montre l’incroyable influence que le Jazz a pu apporter à la musique en général. On peut retrouver dans quasiment chaque track, un sample entendu ici ou là, une sonorité familière ou encore une atmosphère cinématographique aspirant au voyage. Les mauvaises langues parleront de clichés, je dirais plutôt que c’est une célébration de la culture internationale. Et ça c’est beau !

Découvrez ci-dessous les dix tapes à écouter, réécouter et partager ! N’hésitez pas aussi à vous procurer les cassettes, c’est de la bonne came.

Liste des beatmakers • The Jazz Jousters

• B3NBi (Tucson, USA) : Soundcloud
• Bones The Beat Head (Hambourg, Germany) : Soundcloud
• Charlie Mac (London, UK) : Bandcamp
• Combine Vibes (Tucson, USA) : Bandcamp
• Dee La Kream (Paris, France) : Soundcloud
• Diligent Fingers (Manchester, UK) : Bandcamp
• Dr. Dundiff (Louisville, USA) : Soundcloud
• Es-K (Kansas City, USA) : Bandcamp
• Gadget (London, UK) : Bandcamp
• ILL Treats (Brighton, UK) : Soundcloud
• Lou Mistrau (France) : Soundcloud
• Mr. Moods (Laval, Québec) : Bandcamp
• Oldy Clap Recordz (Bruxelles, Belgique) : Bandcamp
• Pawcut (Allemagne) : Soundcloud
• RickMal (Manchester, UK) : Soundcloud
• Says Who? (Middelburg, Hollande) : Bandcamp
• Scaley WaleZ (San Jose, USA) : Soundcloud
• Slim The Chemist (Düsseldorf, Allemagne) : Soundcloud
• Slone (France) : Bandcamp
• SmokedBeat (Montréal, Canada) : Soundcloud
• Stay Classy (Hoofddorp/Simpelveld, Hollande) : Bandcamp
• Thovo (Groningen, Hollande) : Soundcloud
• Vinkate (Nice, France) : Soundcloud