« Peu importe que ça soit de la techno ou de la house. Juste une musique de qualité, pour un public de qualité. Sans jugement, sans prétention et juste la fête absolue. »

Les oreilles attentives le savent déjà : un nouveau club ouvre ses portes à Nantes à la rentrée prochaine. À la source de ce nouveau projet, trois amis que l’on a pu rencontrer dans leur bureau, au Mékano à Rezé. Envies, esprit et programmation, ils nous disent tout !

Macadam – Opening 1er septembre 2017

Le charme industriel du bas Chantenay, la danse déviante, le rythme effréné

– Macadam, nouveau club à Nantes –

Ouverture vendredi 1er septembre > Macadam Opening Party w/ Fantastic Man • Aleqs Notal • Youl

Publié par Macadam sur mardi 27 juin 2017

Soundigger : Hello les gars, merci de l’accueil ! On sait que l’âme d’un lieu se fait aussi au travers de ses fondateurs. En tant qu’instigateurs du Macadam on va donc commencer par des présentations :

Youl : Je me lance ! Moi c’est Youl aka Maxime Durand. Je travaille actuellement à la programmation et direction artistique du bar Le Koloc’s. Dans Androgyne, l’entreprise qui soutient le club Macadam, j’aurai un peu le même travail : la programmation de nos soirées et le contact avec les collectifs et associations locales qui feront des soirées dans le lieu.
Alexis : Alexis Tenaud, de mon côté je bosse principalement dans la musique et plus particulièrement dans le jazz. Je m’occupais de la communication d’un club de jazz à Paris pendant 3 ans. Je suis maintenant revenu à Nantes où je fais de la production et de la diffusion pour des groupes de musique, dont un groupe de jazz nantais qui s’appelle No Tongues. Dans le projet Androgyne/Macadam, je m’occuperai donc de la partie communication, relations publiques, relations presse.
Romain : Salut, moi c’est Romain Galliby. J’ai terminé mes études il y a 2-3 ans de ça maintenant. J’ai pas mal voyagé pendant mes études, à Berlin, Katmandou, Tokyo notamment. Ami d’enfance de Youl et Alexis, je les ai rejoins dans l’aventure Macadam pour me charger plus particulièrement de la production des soirées.

Soundigger : Le Macadam prend la suite du Club 25, qui fut également nommé auparavant Ice Club. Connoté « club généraliste », le Club 25 connu tout de même quelques soirées d’un tout autre standing (Faktice, La Station Rose, Vocoder, Chronic…). Qu’est-ce qui vous a poussé à investir ce lieu pour y développer ce nouveau gros projet ?

Youl : Au cours de cette année 2017, j’ai été amené, par le biais du Koloc’s, à y organiser quelques soirées, les Vocoder. J’étais également celui qui mettait en relation Laurent, le patron du Club 25, avec les collectifs comme Abstrack et Illmatic. Petit à petit, il a vu que ces soirées électroniques fonctionnaient bien, que le public était respectueux et qu’un gros potentiel s’en dégageait. De notre côté, tant qu’il n’y avait pas un vrai renouvellement sur le fond et la forme du lieu, on ne pouvait guère faire plus. De plus, pour nous, l’image « généraliste » du club faisait que cela ne pouvait pas fonctionner. On a donc convaincu Laurent et on a signé des accords afin qu’il nous laisse apporter un vrai changement et en faire un nouveau club en tant que tel. On a désormais toutes les cartes en main pour y développer la ligne artistique que l’on souhaite !
Alexis : L’idée c’était vraiment de scinder Androgyne et Macadam. Macadam, c’est le Club 25 transformé et réhabilité pour devenir un tout nouveau club. Androgyne, c’est la structure qui nous sert à prendre la direction artistique du lieu à 100%. Via celle-ci nous pourrons donc produire nos propres soirées et inviter des collectifs et assos à investir le lieu. Ce sont deux entités qui travaillent ensemble, mais qui sont bien distinctes.

Soundigger : Concrètement, il va s’y passer quoi au Macadam ?

Youl : Au niveau des soirées, le but c’est que l’on produise nous-mêmes deux soirées par mois. Le reste sera confié aux collectifs de Nantes. Le vendredi soir, on trouvera principalement des soirées trance et hardcore. Ce choix a été fait pour toucher un nouveau public et ne pas marcher sur les plates-bandes du Co2 ou du LC Club qui organisent leurs soirées techno ce soir-là. On souhaite ici vraiment apporter une nouvelle offre musicale. Le samedi restera consacré à la house et la techno, tout en se permettant quelques formats originaux.

 

GLORIA : UN ALL DAY LONG LE DIMANCHE DE 7H À 22H ! ET PLUS SI AFFINITÉS !

 

Soundigger : Quels sont vos secrets weapons pour plier la nuit nantaise ?

Alexis : On va lancer dès octobre prochain des événements appelés Gloria. Ce sera un all-day-long le dimanche de 7h à 22h et plus si affinités. Ce format original nous permettra de vraiment nous démarquer ! Le Club 25 on l’a toujours trouvé bien foutu pour l’espace de danse qui est compact et vaste à la fois. Pour exploiter ça, on a Guillaume Combeuil qui va travailler avec nous sur une sonorisation Funktion One quadriphonique permanente et calibrée au lieu.
Romain : On va également appuyer sur le fait que l’intérieur du club soit agréable pour tous. Pour que les gens passent un bon moment au Macadam, il faut que cela passe par de bonnes infrastructures. L’extérieur du club ne sera pas laissé pour compte ! On a pour projet d’y installer une terrasse fermée qui servira d’espace chill où nous n’avons pas prévu de mettre de musique pour l’instant.
Youl : On va privilégier un environnement beaucoup plus sobre, brut, métallique et adapté. Le milieu électronique ne demande pas à ce qu’il y ait des LEDs partout. Vous en saurez plus à ce propos durant le mois d’août.

Soundigger : La démarche de faire rentrer la trance et le hardcore dans un club vient d’une demande que vous avez ressentie ?

Youl : Exactement ! Nous, qui avons plus un penchant pour la house et la techno, n’avons pu nous empêcher de constater que cette esthétique se développe énormément dans le grand Ouest. Les free parties se multiplient en même temps que les collectifs et autres projets. Durant le festival Paco Tyson, une scène y était dédiée et a prouvé qu’il y a un vrai public trance et hardcore. On a également un esprit d’ouverture qui nous permet d’ouvrir nos portes à tout le monde. Attendez-vous à trouver également de temps en temps des soirées dub et sound-system au Macadam !

Soundigger : C’est aussi une manière de se détacher de ce « marché » saturé des soirées nantaises estampillées « house/techno » ?

Alexis : Ce qu’on a remarqué, c’est qu’à Nantes il y a beaucoup de collectifs qui font des choses très bien. Mais c’est un peu éclaté, il n’y a pas d’endroit référent pour une programmation underground et pointue. C’est ce vers quoi l’on souhaite tendre. Sans se payer les têtes d’affiches du LC Club et en privilégiant une qualité et un état d’esprit de fête libre.

 

Sound-system Funktion One quadriphonique réglé sur mesure. terrasse chill extérieure, environnement épuré, brut et large espace de danse !

 

Soundigger : On veut des noms ! C’est le moment de name-dropper quelques collectifs et associations avec lesquels vous allez collaborer !

Youl : Dur exercice de mémoire, j’espère que je ne vais oublier personne ! À la rentrée, le lendemain de l’opening du 1er septembre, on confie les rênes au collectif techno Lunacy. On va retrouver également les instigateurs des soirées Carbone, les jeunes bien motivés du collectif BJTJ. L’association Abstrack passera au Macadam dans le cadre de son festival Residanse. Ils ont un très bon esprit de la fête, j’ai toujours travaillé avec eux, ça a toujours très bien fonctionné. On a beaucoup de contact avec Artefaact, Input Selector et beaucoup d’autres activistes de la fête à Nantes ! Au niveau de la trance, Cosmic Company et Eternal Company, qui font pas mal de soirées au Floride pour le moment, se pointeront au Macadam. Ils sont très intéressés par ce renouvellement de lieu pour leur public. On a aussi L’Exode, collectif qui fait la promotion de grosses têtes d’affiches psy et trance.
Alexis : On aimerait également se rendre disponible pour les collectifs de la région. Les angevins, les rennais, les rochelais, les brestois sont les bienvenus au Macadam !

Soundigger : Pour moi, le Co2, antre de maintes folies techno et house, me paraît aujourd’hui sur une pente descendante. Qu’en pensez-vous ?

Youl : Par rapport au CO2, je trouve que le lieu est très bien, qu’il a des qualités, notamment son espace extérieur. Le lieu a été précurseur dans l’accueil des soirées électroniques à Nantes avec un réel succès. Aujourd’hui, l’offre est plus dense et il est sans doute plus difficile d’avoir une place établie. Le public est peut être en attente de renouvellement et plus attentif aux nouvelles propositions. C’est d’ailleurs tout le challenge pour nous, de parvenir à créer une nouvelle entité tout en s’inscrivant dans la durée. Notre objectif est de réunir les publics de chaque esthétique musicale du vendredi au dimanche. Que le passionné de techno finisse en soirée trance puis dub. Et inversement ! Nous avons également très envie de surprendre notre public régulièrement avec de nouveaux aménagements ou dispositions pour enrichir le lieu. On a également une autre salle à l’étage avec un gros potentiel et qui pourra être exploitée dans l’avenir…
Alexis : On part aussi du principe que c’est une très bonne nouvelle qu’il y ait autant de collectifs et d’activistes des musiques électroniques à Nantes. Ça se voit avec l’ouverture du New Factory, la ligne artistique du LC Club qui commence à avoir un oeil un peu plus pointu, l’Altercafé qui a un nouveau système-son… Que de bonnes nouvelles pour la nuit à Nantes ! Cela contribue à rendre le public de plus en plus spécialiste et attentif. C’est de la concurrence oui, mais c’est surtout une belle énergie qui se créée et se développe ! On compte donc faire partie de cela avec une nouvelle proposition. On n’essaie pas d’écraser le Co2 parce qu’on est à côté. C’est bien pour ça qu’on propose une programmation trance et harcore le vendredi plutôt que de la techno !

Soundigger : C’est une manière d’ancrer encore plus la place de Nantes sur la carte de la culture électronique hexagonale !

Alexis : On se rend compte que dans le grand Ouest, mis à part l’I-Boat à Bordeaux, il n’existe quasiment pas de club avec une programmation aboutie et véritablement institué. On a une place à prendre ! De notre côté on bouge pas mal partout en France pour faire la fête. Que se soit au Sucre à Lyon, au Rex à Paris ou ailleurs, les gens sont prêts à faire des kilomètres pour faire la fête ! Rien n’empêche un parisien, à part les retards de la SNCF, de descendre à Nantes pour le week-end et danser un dimanche matin au Macadam.

Soundigger : Les gens aiment bien les chiffres. En avez-vous quelques-uns à nous donner ?

Alexis : On souhaite en faire un lieu vivable, que les gens puissent danser sans être serrés les uns aux autres. La Macadam a donc une jauge d’environ 400 personnes à l’intérieur du club. Le public pourra profiter d’un espace extérieur aménagé. À propos des tarifs, on va partir sur des préventes à 11e et 15e sur place pour les événements de nuit. Pour les Gloria du dimanche, on souhaite vraiment habituer les gens à venir danser en sortie de club dès 7h. Heure à laquelle on va placer notre tête d’affiche ! L’entrée à cet after dominical sera donc à 10e de 7h à 10h, puis à 12e la prévente et 16e sur place. On va également proposer aux gens de pouvoir rentrer dormir chez eux, puis revenir au club faire le finish pour 2/3e. C’est une autre manière pour nous de nous démarquer par rapport aux établissements qui signalent que toute sortie de leur club est définitive.

Soundigger : Dans quel sens s’est faite la proposition de réhabilitation du Club 25 ? Est-ce vous qui avez contacté le patron ou inversement ?

Youl : Laurent voulait se détacher de l’image « bagarreuse » que pouvait avoir le Club 25. Au fur et à mesure de l’année, s’apercevant que le public électronique était respectueux et qu’il y avait un potentiel à exploiter. En lui proposant de gérer la direction artistique, on lui permet de rester patron du lieu et de se concentrer sur l’exploitation du lieu.
Alexis : Au cours des quelques soirées Vocoder que l’on a organisé dans l’année, il a pu découvrir une nouvelle manière de faire la fête et s’est aussi vraiment marré ! La fête libre et totale, en tant que gérant, il ne connaissait pas vraiment. Là, il s’est amusé, il a dansé, il a vu que s’était bonne ambiance !
Youl : C’est vrai que les soirées Vocoder sont un peu les prémices de ce qu’on veut faire avec Macadam, surtout sur les Gloria. On encourage au vrai lâcher-prise, que se soit au niveau vestimentaire, de la musique ou de la danse ! Le tout dans le plus grand respect de l’autre.
Romain : On voit vraiment la fête comme un moment de partage. Un moment où l’on peut se libérer, se défouler. C’est ça qui nous motive tous les trois dans ce projet et c’est là-dessus que l’on veut insister, notamment sur les Gloria. Ça sera gay-friendly, on encouragera les gens à se déguiser, se mélanger, tout mélanger !

Soundigger : La fête libre, la vraie ?

Youl : C’est l’utopie de ça. On va essayer de tirer vers ça. Proposer aux gens et leur montrer que la semaine on peut être avocat et le week-end se déchaîner dénudé sur un dancefloor. C’est un lieu, on y rentre pour s’évader et se faire plaisir, on ressort pour retourner à la vie réelle.

Soundigger : Dans l’esprit, ça me fait un peu penser au Hellfest où tu as des CSP+ qui côtoient d’autres personnes de classes sociales différentes pendant un week-end où tout le monde est déguisé, bourré et animé par la force de la musique.

Alexis : C’est clairement l’esprit vers lequel on tend ! On a une dimension pointue artistiquement sans être sur un public de spécialiste. Tous ceux et celles qui veulent s’amuser avec nous sont les bienvenus ! On ne veut surtout pas que ce côté pointue rebute des fêtards !
Youl : Le public pointu, il ne danse pas, il écoute. Ce qui va enrichir une soirée ce ne sont pas les mecs pointus, ce sont ceux qui dansent. La fête passe par la musique, bien entendu. Ça passe également par la danse, le public, les rigolades, par les sourires, les regards, une vibe qui canalise le tout dans un ensemble harmonieux.
Romain : Au Co2, il y a 4 ans, lors des premières soirées électroniques, les gens bousculaient et étaient moins agréables qu’ils ne le sont maintenant. Il y a beaucoup plus de respect et plus d’intensité. Le public a évolué grâce aux différentes vibes que les collectifs et artistes ont su apporter. Je me souviens, quand j’ai vu Black Madonna lors d’une Chronic, c’était incroyable !

Soundigger : Le nom « Macadam », ça vient de quoi ?
Alexis : Macadam, c’est un peu le retour à la matière, l’aspect brut que l’on veut donner, ce côté minimaliste et le fait de revenir à quelque chose d’épuré. Ça nous convient car finalement on veut revenir à l’essentiel : le public, l’accueil, le sound-system et la qualité des artistes.
Youl : Une des facettes, c’est ce côté « Androgyne ». Ou ça correspond complètement à la justesse et ouverture d’esprit de pouvoir se dire « qui est qui ? » et se mélanger sans complexes.
Romain : Peu importe que ça soit de la techno ou de la house. C’est juste une musique de qualité, pour un public de qualité. Sans jugement, sans prétention et juste la fête absolue.

Soundigger : Merci les gars et RDV le 1er septembre prochain pour l’opening avec Fantastic Man et Aleqs Notal !

Alors c'était comment ?