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Watchdog nous transporte les sens en alerte

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Watchdog est un groupe Rhône-Alpin emmené par Anne Quillier au piano, Fender Rhodes et Moog ; Pierre Horckmans à la clarinette (Sib, alto et basse, effets) et Adrian Bourget au traitement sonore.

C’est via le collectif/label indépendant Pince Oreille qu’ils sortaient à l’automne dernier leur deuxième album Can of worms.

Quand on regarde dans le dico pour traduire ce titre, on tombe sur « sac de noeux », « panier à crabe », « guêpier » ou « boîte de pandore ». L’expression littéralement signifie « boîte de vers ». … De quoi réveiller la malice et les désirs malsains. Can of Worms est grandement recommandé pour tous ceux qui trouvent la beauté et la créativité dans la folie de foncer consciemment droit dans le mur.

Une musique aventureuse. Proche du jazz car les compositions sont avant tout instrumentales et donnent la belle part à l’improvisation. Proche de la pop pour les mélodies nues et chantantes. Et proche du rock et du punk pour un goût du dérapage non censuré et progressif. C’est une musique qui explore des zones sombres, les perce et débouche vers des ondes calmes et pleines. Cap vers la catharsis.

Dans un article Djam magazine (2 décembre 2017), la journaliste Flore Caron cite des propos de Watchdog recueillis dans le contexte de leur premier album et qu’elle fait valoir pour Can of Worms. Il s’agit de « mélanger l’électricité stridente à la douceur de la vibration acoustique », « conjurer les coups durs que génèrent nos sociétés modernes souvent pétries de violence et de non-sens ». Enfin : « filtrés par la musique, les sujets et les sentiments les plus durs ressortent comme apaisés ».

Watchdog exerce et transmet ainsi un processus thérapeutique de la musique, qui loin de n’être qu’un moyen d’extérioriser replié sur soi, partage une énergie super puissante. Dans la douceur et dans la rage :

Comme dans « Intro », où la candeur de la voix d’Anne Quillier en suspens se construit avec l’impulsion grunge du clavier et le bourdon monté en tourbillon par Adrian Bourget.


Et « Sinking » qui commence comme une comptine. Puis un truc qui gratte  frappe – tenace. Se diffuse vers une ouverture, palpite joue et explore – se retient…    s’éveille et grandit. La clarinette.  devient loup et hurle à la lune, soulevée par la gravité crépitante du clavier et des effets –  Vague de basse qui pulse et s’émousse.


Arpenteur tout terrain, Watchdog : « chien de garde » ou « sentinelle » en anglais, tâtonne expérimente et creuse le sillon jusqu’à la moelle quand ça flaire la symbiose en marche.

Pour ça, le groupe imprègne des influences très variées. Interviewée pour La Gazette Bleue (novembre 2017), Anne Quillier cite l’album Bitches Brew de Miles Davis ; Frank Zappa et  Chick Corea. Dans l’article de Djam cité plus haut: Watchdog déclare « S’il fallait rapprocher cet album de certaines esthétiques, imaginez un mélange entre l’ascétisme d’Arvo Pärt dans sa période minimaliste, la folie naïve de Philippe Catherine, l’hyper sensibilité d’Ambrose Akinmusire,  Vijay Iyer, ou encore John Adams, nos copains de Chromb … tous ces musiciens et bien d’autres encore qui nous passionnent et nous inspirent ».

Bien puisqu’ils en parlent, on se permet un détour sur le chemin de la grâce.

       

« My heart’s in the Highlands », le compositeur estonien Arvo Pärt a mis en musique le texte éponyme écrit par le poète écossais Robert Burns en 1789. L’œuvre a été enregistrée sous le label britannique Hyperion-records en 2000. Elle est ici interprétée par le contre-ténor David James à qui la composition est dédiée, et l’organiste Christopher Bowers.

Cette justesse qui laisse coi à l’écoute d’Arvo Pärt, on la sent avec la musique d’Anne Quillier et Pierre Horckmans. Les deux membres instrumentistes de Watchdog se connaissent depuis le conservatoire (Chambéry) et ont développé une écoute mutuelle qui dépasse l’entendement.

En tous cas, les conditions d’un langage aussi fusionnel permettent des explorations ludiques. Que l’on peut percevoir dans « True anomaly ». Des petites touches éparses, comme un gamin qui fait des notes juste pour appuyer une surface. C’est le piano préparé d’Anne Quillier.

Parfois, on dirait que les évolutions se calquent vraiment sur un rythme d’émotions à l’image du flux et du reflux de la mer comme peut l’évoquer la pochette illustrée par Agnès Ceccaldi. On y voit un petit chien suspendu en l’air au dessus de l’océan. Le Watchdog se laisse porter dans le vide, à la dérive.

En digression, petite dédicace et grosse tendresse, on pense au dernier album de Disiz la Peste Pacifique qui expliquait dans une une interview Rapelite ce titre en évoquant le flux et le reflux de l’océan et son analogie avec le va et vient des émotions. Aller, ça sert à rien de résister :

       

Fermée la parenthèse.

Watchdog poursuit des sons qui infusent les sens. Les effets sonores modulés en live par Adrian Bourget (ingénieur du son artificier) à partir de la matière instrumentale donnée par Anne Quillier et Pierre Horckmans nous plongent dans un monde où les sons se diffusent lentement et à un autre moment vont se fracasser. Un monde où il y a autant de place pour la note frappée que pour son spectre en échos.

« Même si le résultat sonne simple et naturel, il n’empêche que notre dispositif est devenu au fil du temps assez complexe : nous ne sommes que deux instrumentistes mais les sons que nous produisons sont divisés en dix-sept lignes indépendantes qui nous relient au système de sonorisation et qui permettent à Adrian un contrôle complet sur la restitution du son au public. C’est ce qui rend efficace et audible par tout notre travail sur les nuances, le timbre et la matière sonore et cela ne lui laisse aucun répit en concert »

Adrian Bourget optimise et créé aussi l’osmose entre Anne Quillier et Pierre Horckmans. Dans « Can of Worms », titre éponyme de l’album, ces « 17 lignes » qu’il manipule s’étirent en plaintes aiguës et font tanguer la stéréo.

Watchdog réalise une musique tentaculaire et incarne en même temps une identité perceptible. Une essence qui après s’être mise dans tous ces états, semble se poser et tendre vers la sérénité.

La petite anecdote : lors d’un entretien pour Citizenjazz en mai 2017, le journaliste Raphael Benoit demande à Anne Quillier son meilleur souvenir de concert.

Anne Quillier : « J’en ai deux ! En Uruguay avec le sextet et à la Réunion avec Blast (…) ».

Le journaliste : « Comment vous êtes vous retrouvés à jouer là-bas ? »

Anne Quillier : « Après avoir démarché de nombreux lieux, un jour Pierre reçoit une proposition par mail pour jouer à St Denis. Il demande comment cela se passe pour les défraiements, et là on lui répond que les billets d’avion sont pris en charge. C’est alors qu’il a compris que ce n’était pas St Denis dans le 93 ! »

 

Pour les curieux, quelques concerts à venir :

Vendredi 12 janvier 2018 à 20h30
lieu : la Faïencerie
ville : la Tronche

Lundi 15 janvier 2018 à 19h00
lieu : Movimiento Cultural Jazz a la Calle
ville : Soriano
(Uruguay)

Samedi 17 mars 2018 à 20h00
lieu : la Gare (Association A.V.E.C.)
ville : Maubec

Jeudi 22 mars 2018 à 20h30
lieu : la Petite Halle
ville : Paris

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Timothy Duval, un univers paisible entre mélodies et paysages sonores

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« Sen Am », troisième album de Timothy Duval délicat et cinématographique, fruit de séjours alternés entre Londres et Freetown.

Timothy Duval est un artiste multi-horizons – musicien, plasticien, designer – qui vit et travaille entre l’Angleterre, Londres et la Sierra Leone, Freetown. En octobre, il sortait son troisième album Sen Am, imprégné de son vécu dans ces deux villes depuis deux ans.

Sen Am est un album dénudé, principalement piano acoustique, qui emmène dans une écoute introspective, délicate et empreinte d’une atmosphère très cinématographique.

Dès les premières notes, on sent une certaine puissance de narration dans la mélodie, simple et avec des notes de piano qui viennent comme une voix qui chantonne. Quelques secondes et la voix réelle arrive : Timothy Duval a inséré des messages vocaux laissés par ses proches, projetant la mélodie vers des images vivantes. Celles des gestes et des expressions de la personne qui parle, le mouvement de l’environnement où elle se trouve.

Sen Am, c’est « envoie-ça/la/le » en krio, le langage commun en Sierra Leone. Sous-entendu de voyage, de carte postale, d’interlocuteur, de partage? Cet album met en lumière l’entourage humain, rendu par les voix parlées. Timothy Duval joue aussi avec le son des oiseaux. Des éléments extraits du réel qui, intégrés à la musique, tracent des paysages sonores à la fois concrets et rêveurs.

Ce processus créatif rappelle la musique de Chassol. Un jeune compositeur français qui cale ses mélodies et arrangements sur des sons, des voix et des images enregistrés pendant ses voyages :

Les compositions de Sen Am s’enchaînent posément. Et parfois, la présence épurée du piano acoustique se fond totalement dans des sonorités électro dilatées. Avec des vibrations très imagées, notamment dans « Language ». Dans « Wahala » (featuring avec Nicholas Mandalo), on peut même visualiser l’approche d’un ovni… Et avec cette basse comme un tendon métallique qui résonne au ralenti !


La découverte de cet album est une escapade ouverte, un air qui file à travers une structure claire. Une musique où l’amplitude des sons déploie un univers impressionniste, spontané et apaisant qui mérite un petit temps d’immersion.

[MIX] Eclectic Soul 43 w/ Four Tet, Mael Chauvet, Blockhead….

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Gelivan, digger et musicien invétéré, mais aussi nouveau rédacteur invité à poster son humeur musicalement mixée, et justement nommée « Eclectic Soul ».

Tout d’abord, merci à Juliette de m’offrir cet espace pour promouvoir Eclectic Soul, la série de mixtape que je propose depuis 2009, de manière plutôt irrégulière. J’avais mis de côté la recherche de nouvelles musiques pour me consacrer d’avantage à la composition, et plus particulièrement ces derniers mois à l’EP Rodalquilar Sessions qui a justement et joliment été présenté ici il y a quelques semaines.

J’ai aussi sorti sur Bandcamp et Soundcloud 4-5 autres morceaux pendant l’été, et puis accumulé un petit paquet de brouillons dont certains pourraient aboutir à du concret prochainement ou peut-être servir comme « stock music » (dans mon objectif de créer différentes sources de revenu passif avec ma musique).

Je fais face à la difficulté de me détacher émotionnellement de mes créations, et travaille sur le procédé afin que je puisse devenir prolifique, et en vivre un jour. Dans tous les cas, c’est un challenge qui en vaut la chandelle aussi car il doit m’amener à être d’avantage en flow, dans cet état de « no-mind » qui rend la vie plus douce.

# tracklist

Valentin Stip – Aveu
Philanthrope x tusken. – Pueblo
Four Tet – Two Thousand And Seventeen
Mael Chauvet – Enoa Stone
Talune – By The Side
Blockhead – Gobsmacked
Moods – Break Out
Youandewan – Zeal
Gelivan x Pierre Citron – Viajar
L’Or du Commun – Léon
Vanilla – All In My Mind
Susso – Son Kunda
Susso – Alagi
Eddie A – Gotta Dream
(new album : eddieamusic.com/album/quiet-understanding)
Project Pablo – In the Mat
Loud – 56k
Rhi – Cherry Glow

 

Crédit photo : Sam Sherwood

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« Astral Weeks » de Van Morrison, la place du mystique dans un album légendaire

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Avec Astral Weeks apparu fin des 60’s, Van « the man » Morrison a accouché d’un chef d’œuvre intemporel en pleine période révolutionnaire.

En cette fin d’année 68, Van Morrison alors âgé de 23 ans entre en studio accompagné de ses musiciens. Virtuoses jazz à qui il expliquera uniquement les structures basiques de ses compositions pour prioriser l’improvisation. De ces cessions d’enregistrement découleront 8 morceaux d’une odyssée spirituelle émotionnellement complexe et terriblement percutante.

 « Ain’t nothing but a stranger in this world »

Divisé en deux parties : In the beginning et Afterwards, ce dédale d’une clarté sensorielle évidente nous invite au voyage à travers le corps astral. Voix transpirante d’intégrité d’un gamin from Belfast en transe, car lui-même dépassé par la portée de ses créations, les arrangements musicaux renvoient à un chaos parfaitement ordonné et puissamment attractif.

D’une complexité analytique évidente, mais d’une réalité intuitive non négociable, Astral Weeks percute la part qui en chacun de nous nous surpasse, nous transcende.

Teinté d’érotisme, de douces mélancolies et d’une puissante profondeur emphatique.

L’introspection lyrique de l’artiste prend totalement sa part dans cette exploration extra-sensorielle quasi initiatique. Au cours de son immense carrière, Van Morrison aura toujours cherché à explorer le mystique. Frappé très jeune par les conflits religieux et très vite formé à l’ouverture spirituelle, Astral Weeks est en quelque sorte l’extrait de son essence. Album Ovni qui, 50 ans après, déploie encore sa portée éthérique.

Beauté qui réside dans l’idée que chacun de nous peut s’y retrouver, percevoir une résonance et une vision qui lui est propre. Alors laissez-vous tenter par l’aura d’un poète intègre et d’un album sans prétention, si ce n’est celle de proposer une intuitive communion

« Yeah, that’s when you fall
When you fall into a trance
Sitting on a sofa playing games of chance »

LETTRE OUVERTE : « Dour Festival c’était bien, mais… »

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Lettre ouverte à l’un des festivals qui nous est le plus cher. Ne cherchez pas la critique facile ou l’esprit de contradiction ici. Ces mots sont ceux d’un festivalier aimant Dour et souhaitant le voir évoluer chaque année. Et non pas qu’en terme de nombre de festivaliers accueillis…

 


 

« Un grand philosophe a dit un jour « je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai ». J’ai fait mon premier Dour l’an dernier, et c’est comme si on s’était toujours connus. Certainement une des plus belles expériences de ma vie, qui s’explique en ce mot simple : l’amour. Moi qui adule tant la saison des festivals, j’ai trouvé en toi une sorte de pèlerinage, une sorte de rite qui s’accomplirait comme par magie. J’ai été frappé par cette communion qui se dégage, cette immense fratrie qui se crée dès que l’on pose le pied sur cette Plaine de la Machine a Feu.

Cette machine, c’est un peu une grosse boule en perpétuelle ébullition, pleine de chaleur, crépitant doucement par endroits, grondant ailleurs, et qui entre en éruption en plein milieu de la nuit, sans prévenir.
Mais, parfois une immense machine a besoin d’une petite révision. Une sorte d’upgrade comme on dirait dans la start-up nation.

 

 

Et quoi de mieux qu’une mise à jour pour passer au numérique ! Le Dour 2.0 dirait en premier lieu adieu à ces tickets food & drinks, et passerait à un système cashless, déjà adopté par presque tous. Il paraît incompréhensible de rester à un système papier, ingérable au final pour à peu près tous. Et, pour éviter d’avoir le prix en tête à chaque commande, on transpose le système de valeur des tickets sur le système cashless. Une belle économie qui fait aussi du bien à la planète, qui te tient visiblement tant à cœur.
Dans la même veine, un Dour 2.0 se débarrasserait de ces gobelets en plastique mou. Déjà, c’est pas joli à dire, alors qu’eco-cup c’est international. Mais les principales raisons de ce changement seraient écologiques, d’une part, économiques d’autre part. Même si la responsabilisation des festivaliers sur le ramassage des déchets est plus qu’excellente, il serait bien plus simple d’investir dans des gobelets réutilisables que les gens ne jetteraient pas du coup, encore moins par terre. Et qui permettrait chaque année d’avoir un stock pré-disponible et de moins investir édition après édition.
Une certaine économie qui permettrait au Dour 2.0 d’investir un peu plus sur ses sanitaires au sein du festival. Non pas en nombre, mais plutôt en qualité. Alors certes, on ne va pas en festival avec l’idée que faire caca sur place va être agréable. Mais on ne pense pas non plus sentir les douces effluves du printemps anal de nos camarades tant aimés. Meilleur système d’évacuation ? Isolement total des sanitaires ? Moins de sanitaires mais plus « propres » ? Toutes les pistes sont à envisager, à toi de voir.
Ou alors, on file autre chose à manger aux festivaliers. Il faut avouer, tout de même, que tout ce qui est « abordable » sur le site n’est pas forcément de très bonne qualité. Si, encore une fois, on ne vient pas en festival pour espérer s’attabler à un trois étoiles, un petit effort pourrait du moins être consenti sur la qualité des snacks servis à un tel prix. Du Hellfest au Visions, une  multitude de petits et grands festivals peuvent servir d’exemple à cela…
Le Dour 2.0 reviendrait à la version 2016 de l’emplacement des scènes. Petit pincement au coeur : le Dub Corner ne pouvait être mieux que là où il était l’an passé. Quelle joie d’être l’idole des junks (pas que) ! Son aspect sac-poubelle totalement isolé du reste du site ne donnait guère envie d’y rester plus que le temps d’une clope magique. Un havre de paix aussi agréable à vivre que le bar du Petit Bois, où l’on avait envie de rester des heures à prendre des coups de soleils face aux sound-systems, bien nichés tout au fond du terrain, a l’abri des regards.

 

DOUR 2017 © Cyprien Delire

 

Dans la mouture 2017 du festival, beaucoup n’ont pas retrouvé cette grande famille dont je te parlais tout à l’heure. De par le rétrécissement conséquent de l’espace additionné à l’accueil de toujours plus de festivaliers, la disparition de ces immenses tablées entre le Labo et la Petite Maison dans la Prairie (version 2016), la réduction du nombre de scènes, on sent parfois la bonne vibe s’estomper et un sentiment d’oppression accru. Pour laisser place, seulement, à une immense machine sans âme qui tourne continuellement sans réfléchir, sans adaptation, sans évolution. Et c’est bien dommage !

 

Et on garde tout le reste. La majestueuse Red Bull Elektropedia, le doux bar du Petit Bois, cette programmation d’un éclectisme inégalé, cet immense camping totalement bordélique, l’incroyable investissement de toute cette équipe de bénévoles sur ces 5 jours, ce surprenant marché aux puces, et définitivement, tout cet amour que l’on prend en pleine gueule continuellement.

 

DOUR 2017 ©Daniil Lavrovski - Red Bull Elektropedia

 

DOUR C’EST L’AMOUR
PS : Même si ça se voit pas, ces idées sont surtout des questionnements, sur la responsabilité d’un festival qui accueille 250 000 festivaliers sur 5 jours. Alors s’il te vient l’envie de répondre, n’hésite pas. Bisous. »

Simon A., un festivalier qui t’aime

Delawhere délivre Still Lifes, un mix d’exclusivités paratonnerre

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Delawhere a le don de scotcher. Artiste double face, Still Lifes fait la liaison directe avec le fond de sa forme, en lévitation au dessus de la surface.

Musique bricolée au centimètre près, intrication d’effervescences décachées, matérialisation de sonorités couplées à des titres évocateurs, Delawhere se situe en début de mêlée, slalome entre les étiquettes et contracte de l’intensité magnétique minutieusement transférée des segments XY aux points G.

Talent insuffisamment dénoncé, suivant les courants sauvages d’un Valentin Stip en road trip avec Gidge, Maxime a le mérite d’attirer sur lui tous les pouces levés, de stimuler par la seule traction de ses morceaux, le plaisir des suspensions et autres clapotis imaginatifs. À chaque push-to-the-play de son 1er album Still Alive sorti en décembre dernier, le mystère d’un cycle se découvre, invoque reine de l’attention et dieu du silence.

Pour permettre un déclic en un seul clic, place à sa récente parution mixée, fraîchement imbriquée à de nouveaux sons : Still Lifes. Entre LP et mix, la légère nuance appellative fidélise, garantit encore et toujours la griffe d’un créatif à mille lieues de la mise sous vide.

Résilience symbolique qui se ressent à l’écoute du défilement par minute des tempos tic et tac, la pianistique du maestro mélancolique proteste et incorpore scènes cinétiques aux transitions des attaques. Dit différement, nappes frénétiques des échos ricochent et transitent avec douceur dans le réseau synaptique.

Live d’une heure et deux minutes à quatre saisons. L’automne des coups tombés, l’hiver essoufflé par un thermomètre qui a mal tourné, la saison printanière des fleurs fanées… Ce set comme l’opus vise l’été et place la renaissance des humeurs au premier plan. Silence du rêve, délire du bruit, corps et textes entêtés dans l’insensé… Ici, tout ce qui s’écoute bien s’annonce clairement.

Crédit photo : Daria Esikova