« Que Dieu bénisse les ordinateurs ». Parfait inconnu au bataillon, l’italien Godblesscomputers saura vous envoûter dès les premières notes de son album « Plush and Safe ».

Godblesscomputers qui ?

Tu le connais ce pays où le parmesan pousse dans les arbres, où les tours sont penchées et où l’on cultive les pâtes dans des pots ? Oui, l’Italie. Rares sont les artistes dont l’aura parvient à franchir les Alpes pour venir s’installer au sein de notre petit chauvinisme. Et ne nous ressortez pas l’excuse de Materazzi contre Zizou lors de la Coupe du Monde 2006. L’Italie regorge de talent et on va vous le démontrer par le biais de Godblesscomputers. Ce nom de code pourrait nous faire penser de prime abord à ce genre de groupe expérimental à la Kraftwerk. Pas du tout.
Godblescomputers, Lorenzo de son prénom est un artiste de musique électronique basé à Bologne. L’idée Godblesscomputers germe dans son esprit en 2011, il vit alors à Berlin. Après 2 albums, dont je suis passé complètement à côté, The Last Swan en 2012 et Veleno en 2014, l’artiste se dévoile pour la 3ème fois avec « Plush & Play« . Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a donné de sa personne.

Plush & Play

Sorti il y a quelques mois sur les Internets via le label Fresh Yo!, Plush & Play est un voyage mystique où s’entrechoquent beauté fragile, introspection et nuage spirituel. Le temps de 12 morceaux, Godblesscomputers nous sert un incroyable patchwork émotionnel. « Plush & Play », c’est un projet incroyable. A la fois personnel et universel, on se balade dans une sorte d’univers brumeux, recherchant la sortie coûte que coûte tout en se délectant de cet environnement cotonneux, paisible.
Entre du Bonobo, Four Tet et Kidkanevil, Godblesscomputers témoigne d’influences aussi variées que le nombre de pâtes fraîches disponibles sur le marché de Bologne le dimanche matin. Cette variété n’est pour autant pas mise en place sans cohérence et l’audace dont l’artiste fait preuve démontre d’une envie de se livrer directement à son public. Quelque part, Lorenzo nous raconte une histoire, la sienne. Ok, si c’est le cas, ça n’a pas l’air très gai de prime abord, mais creusons plus loin.

Godblesscomputers-en-live

A la première écoute, les premiers morceaux « Closer » et « Discordia » sonnent d’un air mélancolique et lointain. Seulement c’est en écoutant d’une traite l’album entier que l’ensemble s’éclaircit petit à petit. Dès « Spirit« , l’accélération des BPM peuvent donner l’impression d’une renaissance, d’un coeur qui se remet à battre. D’autres tracks construites de façon asymétriques jouent le rôle de marqueur, de transition dans cette histoire racontée par l’artiste. Je pense par exemple à « Prisoners » ou « Faces« . Une entrée en matière très Hip-Hop et nous voilà dans « Abisso ». Ces derniers morceaux, sorte de happy end contrasté, jouent la carte du suspens et l’on se retrouve à la dernière boucle de « Somewhere Away From Me » comme à la clôture d’un film d’Eastwood. Le héros meurt mais la fin est belle.

La musique de Godblesscomputers est faite de 1001 nuages de couleur et de forme propre à l’imaginaire de chacun. L’interprétation que je viens d’en faire est unique à moi-même. Exposé de cette manière, j’ai voulu mettre en avant l’incroyable créativité dont l’artiste a témoigné dans cet album. Personnel et universel, Plush & Play est une superbe découverte et Godblesscomputers ma réconciliation favorite avec l’Italie. Depuis ce coup de boule du 9 juillet 2006 à la 110ème minute à l’Olympiastadion de Berlin. Plus sérieusement, restez à l’affût de ce mec, véritable artiste et magicien sonore.

Année : 2015
Label : Fresh Yo! Records
Album : Plush & Play
From : Bologne, Italie

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