De belle musique électronique, en veux-tu, en voilà ! Rencontre avec le père fondateur du label allemand Ki Records, Christian Löffler.

Sounsigger : Salut Christian, ravi de te rencontrer. Je sais qu’à l’origine, tu as appris à jouer de la musique électronique de manière autodidacte. Qu’est-ce qui t’a poussé à te plonger là-dedans de cette manière ?
Christian Löffler : Je me suis intéressé très tôt aux ordinateurs et à la programmation. J’en suis donc naturellement arrivé à utiliser des logiciels de production de musique. À partir de là, j’ai découvert les différents styles et approches dans la musique électronique. J’ai ensuite eu très envie de créer mon propre univers sonore en utilisant simplement un ordinateur.

S : Derrière chaque atmosphère musicale singulière il y a généralement un passif, un environnement et une jeunesse atypique, n’est-ce pas ? Pourrais-tu nous en dire plus sur ton enfance et ton éducation musical ?
C.L. : J’ai toujours aimé les musiques ambiantes. Mais les influences musicales de ma jeunesse restent très diverses et variés. J’écoutais beaucoup de choses différentes. Ma belle-mère écoutait beaucoup de rock et mon père était un grand fan de blues. Du coup, j’étais un grand fan de Led Zeppelin, The Doors, The Who.
À côté de ça, moi et mon meilleur ami écoutions beaucoup de guitaristes comme Steve Vaj or Joe Satriani. Je crois que ce qui m’a plu c’est la richesse et l’utilisation immense des mélodies. C’est également ce qui a fais que je me suis intéressé aux débuts de la musique trans ou ce qu’on avais l’habitude d’appeler IDM.

Ma musique montre mon moi intérieur. Beaucoup plus que je pourrais l’exprimer par des mots.

S : Pour moi ta musique est introspective, profonde, mélancolique mais également romantique et sensible. Est-ce que ça fait parti de ta personnalité ?
C.L. : Je pense que c’est totalement moi car vous ne pouvez pas laisser votre personnalité hors de votre création. Elle devient une partie de celle-ci et c’est aussi la raison de ce que vous faites. Ce que vous créez est toujours un miroir de votre personnalité. Par conséquent, je dirais que ma musique montre mon moi intérieur. Beaucoup plus que je pourrais l’exprimer par des mots. C’est juste naturel et je suis sûr que même si vous vouliez, il serait impossible de cacher quelque chose dans votre travail.

S : Est-ce que tu aimerais t’exprimer dans d’autres styles musicaux ou est-ce que tu préfères devenir une référence dans ton propre style musical ?
C.L. : Actuellement, je travaille sur un projet parallèle et il va dans une direction très différente. Quand j’ai commencé à faire de la musique, je faisais toujours beaucoup de choses différentes. J’aimais beaucoup expérimenter avec des genres et avoir de nombreux projets musicaux.

S : Est-ce que tu penses qu’un jour, les gens pourront se lasser de ton genre musical ? Est-ce que tu te prépares à ça ?
C.L. : Pas sûr, enfin c’est possible bien sûr. Mais pour moi c’est quelque chose que j’ai vraiment envie de faire, aussi pour moi-même. Donc je vais probablement ne jamais arrêter même si bien sûr les choses évoluent et je change aussi. On verra bien comment ça se passera à l’avenir. Par ailleurs, je continue à faire de la photographie et de la peinture. C’est quelque chose que j’ai envie de présenter plus ouvertement cette année.

S : Après plusieurs sorties sur le label Orphanear, tu as commencé ta propre histoire musical sur le label Ki Records. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce projet ? Tes objectifs et envies ?
C.L. : Au début c’était très dur. Nous n’avions aucune idée de la bonne direction à prendre. Il était donc très difficile de trouver un distributeur et des gens qui croient au projet et qui veulent nous aider dans la promotion, la diffusion et ainsi de suite. Le point important et plus positif est que nous avions la main sur tout. Personne ne nous disait ce qu’on devait faire ou non. Bien sûr, nous avons fait des erreurs, mais au final, nous sommes très heureux de notre parcours jusqu’à présent.

S : Au final, c’était une envie qui date d’il y a bien longtemps.
C.L. : Depuis que je suis vraiment jeune, j’ai toujours eu l’envie de créer quelque chose par moi-même. Prendre quelque chose, le démanteler et recréer quelque chose de personnel et de nouveau à partir de lui. Je me souviens quand j’étais à l’école primaire, j’aimais faire des collages d’images de différents magazines. Je suppose que c’est ça qui m’a amené à la musique plus tard.

S : Ki est un mot japonais qui signifie « arbre ». Pourquoi avoir choisi ce nom ?
Nous nous sommes toujours sentis très proches de la nature. J’ai été élevé comme ça. Avec un grand respect pour les animaux et la nature en général. De plus, mon collègue du label, Paul, se sent très proche du Japon comme il a l’habitude d’y vivre. C’est une combinaison.

S : Monokle, Sieren, Daisuki Tanabe, Good Guy Mikesh… Selon toi, qu’est-ce que rassemble tous les artistes de ton label ?
C.L. : Fondamentalement, nous sommes tous des amis. Nous avons décidé de commencer Ki juste pour pouvoir faire connaître la musique de nos amis. Bien sûr, nous avons rencontré de nouveaux artistes en accord avec la musique que nous aimions et que nous voulions produire. Mais généralement tout est basé sur un contact très personnel.

S : J’ai des amis qui ne connaissent pas encore ta musique. Pour toi, quels sont les meilleurs mots que je peux utiliser pour te présenter à eux ?
C.L. : C’est une musique douce et tendre mais aussi avec une signification forte et profonde.

S : Quel est le meilleur compliment que nous pouvons faire de votre musique?
Le principal pour moi est que l’on passe un bon moment en écoutant ma musique. Donc, si quelqu’un m’envoie un message sur Facebook ou m’interpelle après un spectacle pour me dire qu’il aime ma musique, c’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire.

S : Pour terminer cette interview, un petit teasing pour la suite de ta carrière ?
C.L. : Le projet principal est la collection de remix pour Mare, avec également des reworks par moi-même. J’ai travaillé sur un projet parallèle depuis un certain temps maintenant et je pense qu’il sortira courant 2017. Aussi je vais plus m’investir dans la peinture. J’espère présenter bientôt quelques-unes de mes œuvres lors d’une exposition. En plus de cela, j’ai quelques remix intéressants pour Sasha et Max Cooper.

Retrouvez Christian Löffler sur Facebook et toutes les sorties de Ki Records sur leur Bandcamp.
www.ki-records.com

Alors c'était comment ?