ITW #15 – N’To [Scopitone]

A peine débarqué de l’aéroport de Nantes, pas celui de Notre-Dame-des-Landes, et juste après avoir pu avaler le délicieux catering du Stéréolux, Anthony, alias N’to nous reçoit dans sa loge avec son pote/manager Will. Petite interview à la cool, comme à la maison.

 

 

Soundigger : Salut N’to, c’est super cool de t’avoir en interview. On a vu que tu étais un peu speed mais c’est gentil de prendre un peu de ton temps pour nous accueillir comme ça.
N’To : De rien, c’est un plaisir de vous recevoir dans notre loge.

 

S : Question habituelle chez nous, pourquoi cet alias N’to ?
N : C’est tout simple, je m’appelle Anthony. Mon diminutif c’est Antho et donc par contraction ça donne N’to. Par rapport à ça d’ailleurs, je tiens à préciser qu’il y a plein de gens qui disent N.T.O, et c’est absolument pas ça en fait. Ça n’est pas plus dérangeant que ça mais bon, quitte à m’appeler par mon alias autant bien le dire ! (rires)

 

S : Quand as-tu commencé à créer de la musique ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer sur Ableton et balancer tes compositions ?
N : Alors je n’ai pas commencé par Ableton, je me suis tout d’abord lancé sur Reason quand j’avais 18 ans. Je faisais aussi un peu de guitare et de fil en aiguille, je me suis lancé dans la production. Cela fait donc une dizaine d’années que je fais de la musique.

 

S : Parlons de ton prochain EP, 1825, qui sort prochainement sur Form Music.
N : Ouais, cet EP sort lundi (NDLR : 29/09) sur Form, le label de Popof. C’est une jolie sortie, je suis assez content du résultat. Avec Alex (Popof), on avait déjà travaillé ensemble ponctuellement depuis 2 ans. Vu que ça faisait un moment qu’on avait pas sorti grand chose, je leur ai proposé de sortir quelque chose d’un peu plus mélodique de ce qu’ils font d’habitude. Ils nous ont laissé l’opportunité donc voilà, c’est cool.

 

N'to - 1825 EP

 

S : On n’a pas encore évoqué Hungry Music. C’est le moment de nous balancer tout ce que tu as à nous dire à ce propos.
N : Le coeur du projet en ce moment c’est bien Hungry Music, notre label avec Worakls et Joachim Pastor que vous devez connaître déjà. Lancé il y a 6 mois, on en est à notre 5ème sortie. D’ici un mois, la 6ème sera la mienne d’ailleurs. Monter un label est une superbe aventure, plein de surprises cool vont arriver en même temps que de nouveaux projets en solo ainsi qu’en collaboration avec d’autres artistes que l’on aime bien.

 

S : Revenons à Scopitone, ce soir tu es à Nantes, ce n’est pas la 1ère fois que tu viens nous voir n’est-ce pas ?
N : C’est la 3ème fois que je viens chez vous. Les deux premières fois étaient à l’Altercafé si je me souviens bien. Franchement, j’en garde des souvenirs géniaux, le public Nantais est terrible ! Dans un cadre assez restreint, qui permet d’être très proche des gens, presqu’intime, je me sentais comme dans un petit cocon, en petit comité. On s’y sent vraiment bien, les gens sont réceptifs, ils te parlent même pendant que tu joue, la communication est facile et ce genre de configuration me plait vraiment. Les grandes scènes ont aussi leur charme avec le côté démesuré qui te transcende pendant les sets. Au finale ces deux types de scènes sont kiffantes ! En tout cas, aujourd’hui je suis bien content de revenir à Nantes, au Stéréolux où on joue à guichet fermé apparemment !

 

S : Le public Nantais est réputé pour être assez exigeant et pointu ouais. Etant originaire de Marseille, peux-tu nous éclairer au sujet de l’intérêt du public phocéen pour les musiques électroniques.
N : De ce que j’ai pu voir ces dernières années, on peut dire qu’il est grandissant. Il a peut-être eu du mal ces 10 dernières années à se faire une place au soleil. Mais ces derniers temps, le public phocéen est de plus en plus réceptif, de part les petits endroits qui poussent un peu partout et qui proposent pas mal de soirées sympas. Il y a aussi les gros festivals comme la We Art, que Will organise, qui en terme d’électronique est un événement majeur du Sud et Marsatac avec un côté plus éclectique.

 

S : Pendant qu’on parle du Sud, t’aurais un jeune artiste de ta région à nous conseiller plus particulièrement ?
N : Avec Hungry Music on est en contact avec pas mal d’artistes émergents. Là, de façon très spontanée j’aurais dis Joachim Pastor parce qu’il fait c’est complètement génial et qu’il a rejoint notre équipe récemment. Après je peux te parler de gars de la région comme Efix, Teho, Flint qui sont excellents. Et si tu veux un vrai Marseillais je peux te citer Grant Lazlo qui est plus dans un style Electro-Swing à la Parov Stelar.

 

 

S : On a vu sur tes interviews que tu piochais tes influences un peu partout. Du Georges Brasses à Underworld en passant par du Jazz et Trip-hop. Es-tu le genre de mec à passer du temps chez le disquaire à digger tes morceaux ou sur Youtube et Soundcloud ?
N : Je pioche mes influences vraiment partout. Ça peut être aussi bien à la radio, à la TV que sur Youtube et Soundcloud. Je n’ai pas vraiment la culture du disque ni l’habitude d’aller chiner du vinyle parce que je n’ai pas grandi avec et qu’à la base je ne suis pas DJ mais producteur avant tout. Mes influences datent de mon enfance pendant laquelle je me suis intéressé à un peu tous les styles. Je continue aujourd’hui à piocher un peu partout et ça me semble important.

 

S : Tu nous l’as dis tout à l’heure, tu as abordé la musique par la guitare. C’est ce côté mélodique qui revient et t’influence aussi dans tes productions j’imagine ?
N : Complètement ! Quand tu commence la guitare, tu t’intéresse automatiquement au Rock, au Jazz, au Reggae. Et tu te rend vite compte que les façons de manier les mélodies se rejoignent. C’est très enrichissant dans la création. Du coup désormais c’est important pour moi de le faire revenir un petit peu en avant de part mes productions. Garder une identité, tout en mélangeant et manipulant différentes influences plus tranchées vers l’instrumentale c’est une idée qui me plait beaucoup. Travailler avec des musiciens, m’exprimer sur des terrains plus large que de l’Electro pure font partie de ces projets qui me plaisent aussi.

 

S : On qualifie souvent ta musique de Techno, pour moi c’est un bien grand mot.
N : Effectivement c’est un bien grand mot. Pour moi la Techno c’est justement quelque chose avec peu de mélodie, un côté industriel et de grosses basses.

 

S : Dans tes tracks on retrouve ces basses puissantes justement, mais avec une nappe mélodique par dessus.
N : On pourrait appeler ça de la Techno mélodique alors.

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S : Que penses-tu donc de cet intérêt soudain de la jeunesse pour la Techno ?
N : Je trouve ça génial que le courant prenne une facette un peu plus populaire si on peut dire. Quand avant la Techno et la musique électronique avait mauvaise presse, le fait que ça se démocratise est une très bonne chose. Tu vois maintenant, j’ai des cousins de 40 balais qui écoutent mes morceaux et d’autres producteurs électro. On retrouve le courant musical partout, dans les publicités, les reportages.
Will (le manager) : Tu regardes une pub pour un parfum tu vas retrouver du Gesaffelstein, Fakear ou Flume. Tu regardes un reportage sur du foot européen tu vas entendre le Scar Tissue de N’To, Trauma de Worakls. A l’arrivée maintenant, tu peux vendre de la lessive avec de la musique électronique. (rires)

 

S : Sinon N’to, Ento tu connais ? T’as des nouvelles de lui ? (NDLR : projet Trip-Hop de N’to)
N : (rires) Ouais je le connais bien. Plus j’avance dans ma musique électronique plus je parviens à inclure ce côté instrumental dans mes morceaux. Petit à petit les deux se mélangent et je me retrouve bien dans ce mix. Bon, j’avoue il y avait un côté beaucoup plus Trip-Hop qui a donné au final l’EP Bosnian. C’était un projet assez Jazzy, voire Hip-Hop.

 

S : Quelques références Hip-Hop à nous citer ?
N : Bien sûr ! Cunnilinguist, Hieroglyfics, Nujabes, Atmospher et la liste est longue !

S : On arrive à la fin de l’interview. Concernant le line-up de la soirée, s’il y avait un ou plusieurs artistes desquelles tu aurais aimé/vas assister ce soir, lesquels ça serait ?
N : J’aurais bien aimé voir Etienne de Crécy (Superdiscount 3) qui vient de passer. Je ne sais pas à quelle heure passe Fakear mais j’aimerais bien voir ce que ça donne en live. Ah il passe juste avant moi, bon ça va être chaud.

 

S : T’as quelque chose de prévu en after sinon ? Le QG Soundigger n’est pas loin, si vous êtes chauds, on vous prépare un rhum-coca bien serré.
N : Merci à vous ! On s’appelle après le set ?

 

S : Avec plaisir. Un dernier mot ?
N : Jus de cocktail de nectar de frouit ! (rires)

 

S : Merci N’to, merci Will. Ciao et à très bientôt !

 

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