ITW #20 – Beach & Crate-Diggin’ avec GUTS à Dour Festival

ITW #20 – Beach & Crate-Diggin’ avec GUTS à Dour Festival

A l’occasion de sa venue au Festival de Dour et de la sortie de Beach Diggin’ Vol. 3, le sympathique Guts nous a donné ses astuces pas mal de pistes de digging ! Interview :

En ce dimanche 19 juillet, nous en sommes au 5ème jour de survie à Dour Festival. A ce moment-là, j’ai dépensé autant d’énergie que Froome après un Tour de France et une voix cassée à faire pâlir Garou. Malgré tout, c’est tout guilleret que je rejoins Guts sur un canapé du coin Presse pour une interview de dernière minute ; il joue sur la scène de la Boombox dans une heure et les balances ne sont toujours pas faites. Pour autant, c’est un homme attentif, passionné et généreux qui nous accorde une gros quart d’heure pour répondre à nos questions. Et ça c’est vraiment cool !

Soundigger : J’aimerais commencé cette interview avec une citation de Friedrich Nietzsche « Sans la musique la vie serait une erreur ». Qu’en penses-tu ?
Guts : (rires) Je connais cette citation, je l’ai relayé un jour dans une interview. Je pense donc que la musique a des vertus. Qu’elle rend nos vies meilleures, adoucit certaines douleurs, nous permet de nous rassembler, nous fédérer et de nous comprendre. Je valide donc à fond cette citation !

S : Beach Diggin Vol.3 est donc disponible en écoute et téléchargement depuis le 10 juillet dernier. Quelle a été ta démarche artistique dans cette nouvelle compilation ?
Beach Diggin Vol.3 est une compilation composée uniquement de titres obscurs, quasiment inconnus ou méconnus, qu’en tant que digger et collectionneur de disques j’ai déniché. Pendant 1 an, je me suis amusé à chercher plein de vieilles galettes des années 70/80. Ensuite j’ai mis de côté tous les titres qui me renvoient tout de suite à cette douceur, cette vibe de bien-être, cette musique fait du bien et qui génère de bonnes vibrations. En règle générale, la condition sine qua non est que les morceaux n’ont pas déjà été compilé et qu’ils sont vraiment méconnus. Donc je vais en cumuler pendant l’année, me faire une sélecta de 15 ou 16 titres. Puis avec le label on va tout clearer et demander les autorisations légales – quand on retrouve les ayants-droits car parfois ils sont morts ou introuvables. Le but est donc de redonner vie, remettre au goût du jour, donner une seconde vie et partager tout ce patrimoine musical que je m’amuse à digger.

S : Sur Beach Diggin Vol.3, on retrouve donc des artistes de Trinidad & Tobago, Jamaïque, Canada, Angleterre, Etats-Unis, Brésil et France. On voit donc que ce n’est pas les frontières qui t’arrêtent quand tu digg. Qu’est-ce qui fait l’harmonie et la couleur du projet ?
G : La couleur et sensibilité musicale du projet sont rattachés à ce côté « plage », d’où le nom Beach Diggin. Dans les grandes lignes, on tourne autour des musique des îles, ou en tout cas plus ensoleillées que sombres. Tu me parlais des pays d’où viennent les titres, c’est bien vu car j’aime aussi notifier la provenance géographique des morceaux. Je m’amuse beaucoup à partir d’un pays, par exemple la Jamaïque, et plonger à la recherche de morceaux Funk, Disco ou Jazz, qui sont plus improbables à trouver que du Reggae. Si je te sors un titre Soca de Trinidad, bon c’est classique, c’est la musique traditionnelle de la région. Ce qui va m’amuser c’est de sortir un gros track Funk de Trinidad, un gros morceau Disco de Jamaïque ou un gros morceau Jazz du Brésil qui penche plus habituellement sur la Samba ou Bossa. J’aime les contre-pieds. C’est qui fait aussi partie du concept de la compilation Beach Diggin Vol. 3.

S : As-tu des artistes fétiches parmi ceux sélectionnés sur Beach Diggin Vol.3 ? Ou sont-ils pour la plupart des découvertes ?
G : Non je n’ai pas d’artiste fétiches. C’est vraiment à chaque fois des découvertes faites dans l’année. Il y a peut-être des endroits où j’ai une sensibilité, une affection particulière comme Trinidad, le Canada où il y a eu dans les années 70/80 toute une production musicale très axée west indies. Les Canadiens produisaient alors des artistes des Caraïbes.

S : Qu’est-ce qui fait qu’un morceau est intéressant pour toi ?
G : Dans un premier temps, pour moi, un morceau intéressant est tout d’abord un morceau qui va me faire vibrer et me procurer une certaine émotion dès la 1ère écoute. Ensuite, je vais être attiré par les titres difficilement trouvable, qui ne sont pas référencés sur le web et vraiment méconnus. Voilà, mon « cahier des charges » se résume à cela principalement.

S : J’ai relevé 2 morceaux qui m’ont particulièrement intéressés : ceux de Fred Acaugos et Scherzando, sérieusement, tu les as déniché où ? Ils sont introuvable sur le web, deep web et du commun des mortels.
G : (rires) Scherzando c’est un groupe de musique qui jouait sur les bateaux de croisière. Généralement, ce genre de bands « itinérants » font des reprises de titres déjà existants. Mais là c’est rigolo car pour le coup, ils ont enregistré un disque des morceaux qui sont de pures créations. Le titre « I Need Your Love » est un peu improbable, c’est le dernier de l’album – je l’ai mis en dernier aussi du coup – et c’est un véritable coup de coeur. Grâce à quelques réseaux de dealers de skeuds que j’ai sur le web, j’ai pu choper le vinyle à l’un d’eux qui le vendait sur Ebay. Ce dernier met en vente tous les 4 mois sur la plateforme une cargaison de disques West Indies et Caraïbes. Donc tous les 4 mois, je suis comme un dingue. Voilà pour Scherzando. Quant à Fred Acaugos, c’est un titre de Guadeloupe que j’ai découvert grâce à Nico et Manu de la boutique Superfly Records Etant donnée que « Pangua Zô Pile Moin » n’avait jamais été compilé et qu’il est absolument somptueux, incroyable et magnifique, il a rapidement eu sa place dans la compilation.

S : Et le Hip-Hop là-dedans ? Te laisses-tu toujours surprendre par les nouveautés francophones ou du monde ?
G : A fond ! En matière de Hip-Hop, il y a une effervescence en France depuis 3-4 ans avec plein de nouveaux talents qui émergent ici et là. Même les « old timers » reviennent avec de la fraicheur et de la motivation. De part mes derniers voyages, j’ai découvert de belles choses un peu partout, au Brésil notamment. Là-bas, hormis Criolo qui est la star du hip-hop en ce moment, il y a toute une nouvelle scène très intéressante. J’ai aussi découvert le Hip-Hop de Cuba qui est vraiment chanmé ! Il y a un truc ultra-authentique, hyper-street, noble dans cette scène qui se rapproche à ce qui pouvait se faire chez nous dans les années 80. Pour avoir été là au début, je le retrouve à Cuba où il y a une pure vibe Hip-Hop. Il y a aussi les Etats-Unis évidemment où le genre musical continu à nous régaler ! Après il y a ce que les médias mettent en avant mais dès que tu commences à gratter un petit peu tu découvres plein de projets vraiment cool ! Il y a toujours quelque chose d’intéressant dans le Hip-Hop mais il faut aller le chercher. Il y a un projet anglais que j’adore, ça s’appelle Golden Rules. C’est un projet du beatmaker Paul White avec le MC/chanteur Eric Biddines. C’est sorti récemment, il y a un morceau avec Mos Def, c’est chanmé et je le recommande à tout le monde !

S : En parlant de beatmaker, toi quand tu produis tes morceaux, te considères-tu plus comme un artiste ou un artisan de la musique ?
G : Peut-être plus comme un artisan. J’aime bien ce terme car ça me renvoie à quelqu’un qui va se débrouiller avec peu de moyens, qui va faire des choses nobles, seul dans son coin. Tout comme moi qui n’aime pas les vidéos, les photos, ce terme me renvoie à quelqu’un de discret. Au départ, ma musique je la fais avec peu de moyens, juste à l’aide de samples et de boites à rythmes. Je n’utilise pas d’ordinateur par exemple. En mode old school tu vois. En ce sens-là, je me retrouve plus comme étant un artisan. Après je bonifie la musique en studio avec des musiciens, un ingénieur du son pour sortir de beaux projets sur vinyles.

S : Pour terminer, une petite sélecta by Guts qui va faire du bien à vos esgourdes :
Un track pour danser ?
G : Je dirais un pur track de Diana Ross, celui qui commence lent et part en disco vénère. C’est l’un des morceaux phares de la diva : Diana Ross – Love Hangover

S : Un track pour faire l’amour ?
G : Woow ! Un morceau de Marvin Gaye évidemment, c’est un peu cliché mais de part ma culture afro-américaine teintée de Soul du coup j’te dirais un titre de la Motown. Pour faire simple on va dire : Marvin Gaye – Sexual Healing

S : Un track pour la paix dans le monde ?
G : Il y a un morceau qui s’appelle War mais dont j’ai perdu les auteurs. Du coup j’vais dire un de mes morceaux : Guts – Give Up Your Guns

Encore merci Guts pour ce petit moment passionnant et à très vite pour de nouvelles aventures musicales ! La compilation Beach Diggin Vol. 3 est à retrouver sur iTunes, Spotify et Youtube.

Année : 2015
Label : Heavenly Sweetness
Compilation : Beach Diggin Vol.3
From : Ibiza, Spain

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