ITW #5 – Super Temple Sound

À l’occasion de la sortie de leur nouveau projet – Hors Pistes – on a eu la chance de rencontrer le groupe Super Temple Sound, ils sont très sympas et en plus ils nous ont accordé une interview.

 

S : Vous êtes un duo composé de DJ Don’s et Nobotox. Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?
• DJ Don’s : Etienne Daunay, localisé sur Nantes depuis 12 ans. À l’origine, je faisais partie du groupe de Hip-Hop le dispositif de 2005 à 2008 (participation au Printemps de Bourges en 2008). Désormais, joue dans une trentaine de soirées par an en solo. 2010 a été l’année où nous avons lancé le projet Super Temple Sound avec Nobotox.
• Nobotox : Moi je viens plutôt du côté musicien, bassiste de différentes formations depuis de nombreuses années déjà. J’ai commencé la MAO dès la sortie de logiciels adaptés sur nos premiers ordinateurs aux alentours des années 2000. Mes premières productions étaient légèrement influencées Hip-Hop. Cette approche de la MAO et des machines m’a permis de pouvoir composer plus facilement et a bousculé la vie et les habitudes de bon nombre de musiciens.

S : Sur scène comme pendant notre interview on peut voir une grande complicité entre vous. Pouvez-vous nous raconter votre rencontre et le début du projet Super Temple Sound ?
• Don’s : Avec le collectif Kontrat-Dixion en 2002.
• Nobotox : À partir du moment où Mossah, le chanteur de Djazafaz, a monté l’association, celle-ci est devenue une plaque tournante pour pas mal de gars. Notre local se trouvait alors à Trempolino, ce même lieu où j’étais employé, du coup les connexions se sont faites facilement. Don’s, est arrivé de Niort l’année suivante, on s’est donc rencontré là-bas.
• Don’s : Cela dit, on a commencé à bosser ensemble sur du son que 8 ans plus tard. Le déclic s’est fait lors d’une soirée Drum’n Bass où il y avait un plateau avec les TK2 au Ripaillon. Ils organisaient l’événement et nous ont proposé de faire un petit set pour ouvrir la soirée. Suite à ça, on a enchaîné d’autres dates intéressantes et commencé à s’équiper en conséquence.

stsound

S : Pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris vous avez une formation bien spécifique avec du scratch d’un côté et des instruments de l’autre, comment pourriez-vous définir votre style bien particulier ?
• Don’s : C’est une fusion entre le Hip-Hop, l’Électro, le Jazz et un petit côté Swing sur certaines productions aussi. On peut dire que notre musique dégage une ambiance très groovy. C’est pas évident de pouvoir nous classer dans un style bien précis. D’autant plus que dans le nouvel album par exemple, il y a plein d’univers qui se croisent et se mélangent.
• Nobotox : Hormis quelques featurings, il n’y a pas de chants dans notre musique. Du coup, on apporte notre compensation instrumentalisée pour faire vivre et arranger nos sets à notre sauce sans la contrainte des tonalités favorites du chanteur. Aussi, la plupart du temps, quand on fait une date ensemble, n’importe qui dans la salle peut venir kicker s’il en a envie. On l’a souvent dit, en concert, le micro est là, si vous voulez freestyler, vous venez et vous le prenez. On est beaucoup dans cet esprit là.

https://soundcloud.com/supertemplesound/musical-roots
https://soundcloud.com/supertemplesound/yiddish

S : Restons dans l’identité de votre groupe avec une question qu’on a déjà du vous poser plusieurs fois : d’où vient le nom de Super Temple Sound ?
• Don’s : On était à un apéro chez moi dont l’objectif était de trouver un nom car notre premier album était prêt. On début on voulait s’appeler Octopus avant de se rendre compte que c’était un peu cramé. On a finalement quand même gardé ce mot pour le titre d’un morceau du premier album. Un pote nous a donc proposé de nous appeler Super Temple Ball. Pour la petite histoire, le Super Temple Ball c’est un shit fait maison par des moines tibétains. Pour ne pas s’afficher avec une connotation illicite, on a décidé de garder Super Temple et de rajouter Sound : du son fait-maison qui frappe.
• Nobotox : Quand tu vois Temple dans un nom de groupe tu penses religion, on avait peur que cette relation soit trop vite faite. Mais en même temps, Super Temple Sound, on peut aussi et surtout rattacher ça à la « Religion du son », et s’il y a bien quelques chose qui nous rassemble tous, c’est la musique.

S :Vous êtes en auto-production, est-ce par choix délibéré ?
• Nobotox : Totalement ! Notre objectif n’est pas de faire de l’intermittence, j’ai déjà essayé par le passé et ça ne me plaît pas. On a décidé de se lancer dans le projet pour se faire plaisir avant tout, donc on va en ce sens jusqu’au bout de la démarche. Qu’on ne vienne pas nous dire que tel ou tel morceau n’est pas bien, mettez celui-ci à la place, non. On fait ce qu’on a envie de faire, point. De toute façon, dans la musique, le système économique est en train d’exploser. Aujourd’hui, il faut repasser par la scène pour se faire connaître et convaincre le public d’acheter le CD après avoir ressenti l’émotion frontale du live.

S : Après avoir évoqué votre premier projet, Octopus, on a entendu parler d’un nouvel album qui va sortir très prochainement. Est-ce qu’on peut en savoir un peu plus à ce sujet ?
• Don’s : On prépare effectivement la sortie d’un nouvel album qui sera disponible sur 2 supports, CD et vinyle. Avec une petite surprise d’ailleurs pour les DJ sur la version vinyle. Bien sûr, il y aura de quoi s’amuser et travailler en scratch car on y a inséré un bonus scratch de 130 morceaux, des samples du groupe et d’autres, des voix en français et en anglais, ça va balancer la galette !
• Nobotox : Dans ce second album, on ne voulait s’inscrire dans aucun sillon, n’être étiqueté dans aucun style précis de musique, et ainsi brouiller les cartes en mélangeant les genres, n’en déplaise aux puristes. Le nom du nouveau projet est donc Hors Pistes justement pour souligner notre démarche. On a toujours ce petit pas de côté qui surprend le public. Déjà rien qu’en concert quand on arrive avec nos machines, la contrebasse, le clavier et le ukulélé, les gens s’interrogent.

S : Par rapport à vos morceaux en live et ceux enregistrés en studio, vous vous adaptez je suppose ?
• Don’s : C’est sûr ! Il y a toujours moyen de faire des petites longueurs supplémentaires pour faire vivre les morceaux.
• Nobotox : Contraints par les machines qui méritent d’être renouvelées, il y a des morceaux qui restent un peu figés mais c’est vite compensé par Don’s qui est à 90% du temps en concert en impro. En live, on a une approche très Jazz, où on est obligé de s’écouter et ne pas jouer notre truc sans prendre garde à ce que joue l’autre. Comme on a pu le dire, on est aussi ouvert à la participation de musiciens ou de MC durant nos sets. Pour l’anecdote, on a rencontré un mec qui jouait de la clarinette, il est venu nous voir en concert peu de temps après. Armé de son instrument il est monté sur scène et a joué avec nous. Don’s a joué aussi avec Olivier Corre, un pianiste, dont le clavier nous a tapé dans l’oreille. Depuis, il nous suit régulièrement dans nos dates en tapant l’impro avec sa machine aux sonorités 60’ qui colle parfaitement avec notre musique en apportant un petite touche Jazzy.

S : On peut donc espérer retrouver Olivier Corre en featuring sur votre prochain album ? Y en a-t-il d’autres de prévus ?
• Don’s : Bien entendu, Olivier Corre est présent sur Hors Pistes. Charlotte Méas, flutiste et saxophoniste du label KBress, Mossah de Djazafaz, JM d’Akalmy. On a eu aussi la chance de rencontrer les gars d’A State of Mind sur le festival Belle Île On Air et de fil en aiguille ils ont fini par poser un morceau sur notre album. On a alors pu jouer avec eux et Deluxe. Merci aux RDV de l’Erdre grâce à qui on a pu avoir cette date.
• Nobotox : En fait, on jouait en première partie de soirée à Belle Île On Air et les gars d’ASM ont regardé et écouté notre live, puis évidemment quand on les a croisés en coulisses on n’a pas hésité à leur lâcher des CD, surtout qu’on apprécie énormément ce qu’ils font.
• Don’s : J’avais rencontré leur DJ un an auparavant et je lui avais déjà donné un CD. Et là du coup, ils nous ont reconnus car ils écoutaient notre premier album dans leur camion durant les tournées. Je leur ai donc proposé de faire un featuring sur notre prochain album, proposition qu’ils ont acceptée généreusement.

https://soundcloud.com/supertemplesound/the-teaching-featuring-asm-a

S : Du coup, peut-être un live avec ASM si jamais vos routes se croisent de nouveau. D’ailleurs ou peut-on vous voir en live prochainement ?
• Don’s : Et bien écoute, pourquoi pas un live avec ASM, si un jour ils viennent sur Nantes, je pense que c’est vraiment le style de gars qui seraient prêts à venir kicker avec toi s’ils ont l’occasion.

S : Un mot sur votre matériel utilisé pour les concerts ?
• Nobotox : Vous pourrez nous retrouver sur scène avec nos deux MK2, la table de mixage, une Ecler, une Akai APC40, une MPD, une petite MPC, une contrebasse et un ukulélé. On cherche vraiment à proposer autre chose que du DJing, que des « pousse-galettes ». Les platines c’est aussi un instrument, on scratche, on mixe et on utilise aussi des instruments de musique classiques.

S : On a parlé des jolis featurings du prochain album, dans le plus beau de vos rêves quels seraient les artistes, musiciens ou chanteurs, avec qui vous adoreriez collaborer ?
• Don’s : J’ai un petit coup de coeur pour ce que fait Flynt. j’aimerais aussi collaborer avec une chanteuse.
• Nobotox : Oui, une rappeuse comme Lauryn Hill ou dans l’idéal Björk ou la chanteuse de Dead Can Dance (Lisa Gerrard). Si on reste dans l’utopie autant prendre le top des voix. Je pense aussi à Flavia Coelho, qu’on a eu la chance de rencontrer lors du Festival FreeSons en Vendée.

S : On arrive bientôt à la fin de l’interview, en diggers de son que vous êtes, quelles sont les dernières découvertes que vous conseilleriez à nos lecteurs ?
• Don’s : Dernièrement j’ai acheté le projet de Rezo, beatmaker rennais qui sait bien s’entourer. Il a fait pas mal de featurings sur l’album, notamment DJ Netik, Atom, tous les gars de Micronologie, une tuerie ! Je vous le conseille vivement !
• Nobotox : Arcade Fire pour leur dernier album Reflektor, pour moi, l’un des meilleurs groupes de ces 50 dernières années !

S : Pour conclure l’interview, une petite anecdote, un souvenir de concert qui restera marqué dans la vie du groupe ?
• Don’s : Les rendez-vous de l’Erdre de 2011 m’ont fait vraiment halluciner. La réception du public quant à notre musique était vraiment puissante. En plus, le projet était tout jeune et on a reçu un très bel accueil. Notre passage nous a ainsi permis d’avoir plusieurs jolies dates, on a fait la première partie de Chinese Man au Stéréolux quelques temps après par exemple.
• Nobotox : Carrément, on passait à 18h et d’ordinaire à cette heure-là, t’arrives sur le plateau, il y a 3 bonshommes qui t’attendent donc t’es un peu frustré alors que pour une fois, tu jous sur une grosse scène avec du gros son, mais bon c’est le jeu, on le sait et on se fait plaisir quand même. Cette fois t’arrives à 18h pour ton live, t’as déjà 2 000 personnes devant toi, j’étais limite pas bien. (rires)

Merci Etienne, merci Romain de vous être prêté au jeu des questions-réponses.

Alors c'était comment ?

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