INTERVIEW CROISÉE • Blutch vs Cuthead à Astropolis

INTERVIEW CROISÉE • Blutch vs Cuthead à Astropolis

Rencontre entre un maître Jedi et un jeune Padawan en passe de le surpasser : Blutch vs Cuthead à Astropolis.

Brest, samedi 2 juillet. Il est 15h, on est réveillé depuis une heure à peine et on file déjà en courant en direction du Vauban. Les joyeux lurons du collectif TBD mettent déjà l’ambiance et chauffent la boule à facette de l’hôtel. On a rendez-vous avec Blutch et Cuthead pour une interview croisée. Ils sont là, à danser sur les disques groovy du collectif brestois. Deux producteurs, deux générations qui se confrontent et se rejoignent autour d’influences allant du hip hop à la house. Pour Astropolis, ils ambiancent l’Astroboum déguisés en Marsupilami et retrouvent les platines sur la scène tremplin au Manoir de Keroual le soir-même. Rencontre :

 

Soundigger : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Blutch : Déjà à la base, j’aimais beaucoup ce que Cuthead faisait. Pour mon projet [R]Equilibrium, on l’avait invité à faire un remix dessus. Pour fêter tout ça, on a fait deux soirées, une au Vauban à Brest et une à l’Ubu à Rennes, on s’est rencontré à cette occasion, on a bien rigolé et on est devenu copaing.
Cuthead : Ouais, notre rencontre vient surtout d’Internet quand il m’a proposé de faire ce remix. J’aimais aussi beaucoup ses productions, j’ai tout de suite accepté de rejoindre le projet et puis effectivement, il y a eu les deux release party où l’on s’est bien amusé.

 

S : Cuthead, tu connaissais le travail de Blutch avant qu’il ne te contacte via les méandres d’Internet ?
C : Non. Il m’a envoyé quelques démos et plusieurs autres morceaux. Que des sons vraiment très cool. J’ai pu choisir de remixer Skyview. Et me voilà maintenant à ses côtés pour Astropolis !

 

 

S : Blutch, tu me l’avais dit dans une interview pour Prun’, Cuthead fait partie de tes références. Qu’est-ce que ça fait de jouer à ses côtés désormais ?
B : Super cool ! Vu qu’on a beaucoup d’influences et de goûts en commun, c’est très intéressant de pouvoir collaborer avec lui. Il a un peu pris d’avance sur moi là-dessus, c’est un peu comme si je jouais avec un mentor.

 

S : De ton côté Cuthead, sachant être considéré ainsi par Blutch, comment perçois-tu votre relation ? Es-tu plus le maître Jedi et Blutch le jeune Padawan ou êtes-vous sur un pied d’égalité ?
C : (rires) On est vraiment sur un pied d’égalité ! Quand il m’envoya les pistes pour les remixes du projet [R]Equilibrium, j’ai tout de suite trouvé cela très bien travaillé, très professionnel. Blutch n’a clairement pas besoin d’apprendre à être un Jedi, il en est déjà un.
B : Bon, pour moi, il reste malgré tout un mentor hein (rires).

 

« Blutch n’a clairement pas besoin d’apprendre à être un Jedi, il en est déjà un. »
Cuthead

 

S : Vous parliez tout à l’heure de références musicales communes, avez-vous des exemples à nous donner ?
C : Beaucoup de hip hop ! Mais nous avons aussi beaucoup de goûts en commun en ce qui concerne la house music. Si tu jettes un coup d’œil au line-up de ce soir, un artiste comme Kerri Chandler ou tous ces artistes des années 90 qui ont samplé de la Funk et de la Soul. Je pense à Knuckles, Moodymann… Contrairement à eux, j’ai un background strictement hip hop, je n’ai découvert l’univers de la house qu’assez tard…
B : Tu as oublié de citer Andrés !
C : Ah oui, Andrés évidemment.

 

 

S : Peut-on dire que votre musique est complémentaire ou qu’elle se ressemble ?
C : Je disais encore hier que Blutch était vraiment bon quand il fallait moduler les sons, utiliser les pads, jouer avec les pics. C’est peut-être en ça que réside une de nos principales différences. J’aimerais bien d’ailleurs savoir comment il fait ça (rires).
B : Je pense qu’il a raison (rires). Chacun a son propre style, qui pour moi sont complémentaires.

 

S : Cuthead, tu es dans le game depuis un bon moment. Blutch, tu débarques fort de ton côté aussi. Y a-t-il une sorte de compétition entre vous ?
B : Non, aucune compétition entre nous.
C : Jamais de compétition.

 

S : Qui a le plus de groupies entre vous deux ?
C : (rires) C’est sûrement un des plus vieux stéréotypes de DJ que de pouvoir choper toutes les filles que tu veux une fois que tu es passé derrière les platines. Remarque, ça doit sûrement marcher si tu es ce genre de mec. De mon côté, jamais de ma vie je n’ai eu de groupies hystériques accrochées au DJ booth ou à m’attendre à la sortie du club. En revanche, j’ai eu de bonnes rencontres et discussions passionnées autour d’un verre après mon set où il n’était question que de musique. Et toi Blutch ?
B : Non, non, tout pareil que Cuthead.
C : Il faut quand même savoir que je suis père de famille. Je ne suis pas dans le game (rires).
B : Tu n’es pas ce genre de mec, tu sais rester professionnel.

 

 

Blutch B2B Cuthead. Interview croisée à venir… #Astropolis

Une vidéo publiée par Soundigger (@soundigger_) le

 

S : Si vous aviez une qualité ou un talent à piquer chez l’autre laquelle serait-elle ?
C : Les percussions.
B : Les arrangements de batterie et de la track. J’essaie de l’imiter, mais je suis toujours trop court.

 

S : Cuthead, est-ce que tu aimes Phil Collins ?
C : (rires) Oui bien sûr ! Ma mère avait une cassette qu’elle mettait toujours dans la voiture.
B : Moi aussi, j’adore Phil Collins !
S : Ouais, je sais que tu es probablement le plus grand fan français de Phil.
C : Vraiment, Phil Collins est très bon batteur !
B : Non, je l’aime beaucoup, mais c’est un délire entre potes avant tout.

 

S : Si vous aviez une chose à souhaiter pour l’avenir à l’autre ?
C : Je souhaiterais à Blutch d’avoir une encore plus grande reconnaissance pour son travail. Il le mérite vraiment ! Mais je suis sûr que ça va venir très vite ! En plus, aujourd’hui, avec Internet, les différents réseaux, tout cela peut s’accélérer tellement rapidement. Et avec du talent par-dessus tout cela, c’est encore mieux !
B : Tu as déjà joué pour une Boiler Room, je ne sais pas si je peux te souhaiter quelque chose de mieux (rires) !

 

S : Merci à tous les deux d’avoir accordé du temps pour cette interview.
C : Mais de rien, cheers !
B : Merci à toi, à tantôt !

 

Crédit photo bannière : Maxime Chermat

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