High Focus Records, le réveil du hip hop UK

High Focus Records, le réveil du hip hop UK

La plus belle écurie hip hop d’Angleterre et probablement d’Europe a un nom, High Focus. Présentation avec ses meilleurs ambassadeurs.

High Focus en quelques chiffres, à quoi ça ressemble ? 18 artistes ou groupes dans le roster qui totalisent une quarantaine de sorties. 7660 followers sur Twitter. 52 000 fans sur Facebook. 400 vidéos sur leur chaîne YouTube totalisant plus de 45 millions de vues.
Fondé en 2010 par le MC du sud-est de Londres, Fliptrix, High Focus n’a qu’un but : faire resplendir l’héritage du hip hop UK. Et dans le game, ils sont plutôt bons. Preuve en est avec cette sélection de 5 artistes qui représentent pour moi la diversité des styles réunis au sein du label.

 

Fliptrix

À la genèse de High Focus, le discours auquel Fliptrix était confronté en permanence se résumait à dire qu’il était impossible de se faire du blé en misant sur le hip hop UK. Tellement de gens se confortaient dans cette idée que tout le monde a fini par s’en convaincre. Tout le monde, sauf Fliptrix qui croyait dur comme fer en cette musique et qui, a force de persévérance et d’abnégation a réussi ce que tout le monde pensait impossible. Nous sommes donc 6 ans en arrière, après un 1er album « Force Fed Imagery » sorti en 2007 et 2 morceaux passés inaperçus, le MC, producteur et fin connaisseur d’herbes Alexander Whitehead aka Fliptrix décide de sortir son 1er album et de créer son label par la même occasion. Le 18 mai 2010, « Theory of Rhymes » et ses 16 merveilleux tracks voit donc le jour. Intemporels, mélodiques, mélancoliques et terriblement sensuels à la fois, cet album se retrouve alors encensé par la critique et les hip hop heads londoniens.
Au jour d’aujourd’hui, Fliptrix totalise à lui seul 14 sorties dont 11 sur High Focus. Je ne vais pas me pencher sur chacune d’entre elle mais juste citer l’incroyable « Third Eye of the Storm« , son 3ème album sorti le 24 avril 2012 et pour moi le meilleur de tous. Dont voici un extrait dont le clip est composé d’extraits du film La Haine :

 

Dirty Dike

Originaire de Cambridge, l’autoproclamé « rappeur le plus dégoûtant du moment », Dirty Dike a l’habitude d’atteindre plusieurs millions de vues sur Youtube avec ses clips affreux, sales et méchants ! Ceux qui n’aiment pas le gaspillage feraient mieux de prendre leur respiration avant de mater ses clips. Autant dire qu’il porte bien son nom. Ce démon du hip hop UK a fait ses premiers pas dans la musique à l’âge de 19 ans en tant que DJ dans de douces free-party anglaises avant de passer 18 mois à l’ombre pour trafic de drogue. C’est entre 4 murs qu’il écrira ses premiers textes. Il débute dans le game avec une première sortie en 2008 chez School Bully Records avant de rejoindre le crew High Focus en 2011. La même année, il sortira l’album qui fera sa renommée : Constant Dikestar. Mais ce bon vieux James Walton n’est pas seulement un MC au second degré hilarant qui lâche les plus rots de la Terre sur scène, il est aussi un fin digger et producteur émérite qui sait faire profiter ses petits potes du label de ses belles productions. Influencé par la scène rap hardcore des années 90 avec le duo Onyx en tête, Dirty Dike fait ressortir cette vibe dans ses productions tout en adoptant une attitude de mec vénère qui crache en permanence sur le bon goût. Avant-goût de la bête avec cet extrait :

 

 

Ocean Wisdom

Si vous lui demandez, Ocean Wisdom pourra vous répondre qu’il est à la fois le rappeur le plus modeste du monde et le meilleur MC qui ait jamais vécu. Originaire de Brighton, né en cette belle année 1993, il grandit bercé dans le reggae et le hip hop. Il débute la musique par le beatbox à l’âge de 7 ans et commence à rapper à 9 ans quand Gorillaz dévoile au monde le morceau « Clint Eastwood » en 2001. Adolescent, il amuse ses camarades d’école en rappant des conneries sur des instrus tirées d’Harry Potter.
Débarqué dans le game avec la sortie du track « Walkin’ » produit par Dirty Dike le 28 juillet 2014, il finit par rapidement s’intégrer dans la team High Focus. Tant et si bien que son 1er album « Chaos 93 » entièrement produit par Dirty Dike, pointa le bout de son beat le 22 février dernier. On s’écoute tout de suite un extrait de ce fameux album :

 

 

Onoe Caponoe

Si l’on ne se fiait qu’à son univers afro-futuriste, ses clips psychés et ses textes brouillés, on pourrait penser que le monde d’Onoe Caponoe tourne autour des substances psychoactivement très fortes. Sorti de l’ouest de Londres, il fait tout d’abord ses armes dans son collectif Funkadelic Mafia, avec qui il partage le même univers entre WTF et LSD. Quelque part, avec son flow aérien et son timbre smooth, on pourrait retrouver chez lui ce qui a fait le succès de Tyler, the Creator et autres joyeux lurons d’Odd Future. Peu d’infos disponibles sur cet étrange loustic. J’ai appris qu’il se considère comme le fils bâtard de George Clinton, Flavor Flav et Sun Ra. Les internets nous apprennent aussi qu’Onoe Caponoe a été banni de toutes les pages fans et comptes Twitter liés à Emma Watson pour cause de messages vulgaires et gênants.
Bref, du point de vue musical, il est actif depuis 2013, a sorti 4 albums en total indépendance et a signé chez High Focus en 2015 pour la sortie de « Voices From Planet Catelle » son dernier album entièrement produit par le producteur Chemo dont voici un extrait :

 

 

Edward Scissortongue

Originaire de Cambridge, « Edward à la langue d’argent » est l’un de ses artistes High Focus que l’on reconnaît dès la première écoute. Passionné par la culture hip hop depuis son enfance et l’écoute de la belle BO du film Teenage Mutant Ninja Turtles, il se met à gratter des textes très jeune. Son entrée dans le label High Focus se fait suite à la rencontre de Fliptrix dans un bus filant droit vers le festival Outlook en Croatie. Passé par des études d’art à Falmouth, Edward possède une esthétique beaucoup plus sombre et viscérale que le reste de ses collègues du label. Celle-ci ainsi que les sujets existentiels abordés dans les textes apportent une sensibilité envoûtante et une mélancolie apaisante à sa musique. Nous sommes en 2012, après 3 ans de travail, accompagné de son ami beatmaker Lamplighter, il débarque dans le rap-jeu en 2012 avec un superbe album « Better Luck Next Life« . En 2013, il fonde le collectif Contact Play aux côtés des Dirty Dike, Jam Baxter, Mr Key et Ronnie Bosh avec qui ils sortent de petites releases indépendantes. L’année suivante, il dévoilera son nouveau projet « Theremin EP » qui s’avèrera plus expérimental et électronique. Dans une démarche de cohérence artistique, Edward Scissortongue organisera la release-party de l’EP dans la Westminster Referrence LibraryEn mai dernier, le MC toujours accompagné de son beatmaker fétiche sortiront leur dernier projet intitulé « Chavassian Striking Distance » qui s’imbriquera dans l’univers particulier des deux artistes. Voici d’ailleurs un extrait de ce dernier projet :

 


Parmi cette sélection, nous avons donc pu apercevoir la patte oldie de Fliptrix, le personnage déjanté qu’est Dirty Dike, la mélancolie et darkness du style d’Edward Scissortongue et la nouvelle génération aux univers bien marqués avec Ocean Wisdom et Onoe Caponoe. En ce sens, pour moi High Focus est l’une des plus riches écuries hip hop d’Europe. Et c’est sans citer les combos Leaf Dog, BVA & Illinformed qui forment Brother of the Stone ou les mythiques The Four Owls composés de Leaf Dog, BVA (again), Fliptrix et Verb T. De loin, on a cette douce impression que la famille High Focus est une sortie de grande famille où les projets et talents de chacun se rencontrent et participent à cette belle ascension qu’est en train de vivre High Focus. Longue vie à eux !

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