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Un Week-end au Hors Bord Festival

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Comme le disait un philosophe chinois très connu, « une image vaut mille mots ». C’est la raison pour laquelle cette année, nous nous sommes rendu à la seconde édition du Hors Bord festival appareil photo en main. Des images pour vous faire vivre le festival comme si vous y étiez, mais aussi pour essayer de vous transmettre ce qu’on a pu ressentir là-bas et puis parce qu’on sait que lire ça peu parfois en décourager certains. Cette foi par contre, pas d’excuses. Read More

Paco Tyson • Un report haut en couleur.

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Vendredi 14 et samedi 15 avril a eu lieu Paco Tyson : le premier festival de musique électronique Nantais dans le parc de la Chanterie. Un long week-end bien mérité après un hiver long et gris, où chacun y est allé de sa (paco) tise en main et autres jeux de mots fleuris. Retour (subjectif) sur deux jours de folie joyeuse et de retrouvailles en terre nantaise.

Lorsque les mecs d’Illmatic et de Sweat Lodge ont l’idée de faire une méga-soirée de deux jours, en résulte du lourd en tonne. A la vue du nombre de personnes intéressées au tout nouveau-né des festivals, je sens mon coeur s’emplir de fierté et de joi(ss)e. En arrivant sur le site, à vue d’oeil nous sommes facilement entre 5.000 et 10.000 amoureux de musique électronique, celle qui fait vibrer les bpm de nos petits corps. Une ambiance festive, bon enfant et bon soulard (qu’on se le dise on est tout de même en Bretagne historique). Les bénévoles sont pleins d’entrain, tout est fait pour kiffer en toute sérénité. Le sol était recouvert de décorations lumineuses magnifiques, un véritable émerveillement de la rétine ! Et mention spéciale aux toilettes décorées d’une Madone fleurie et illuminée. Ca valait sans aucun doute le déplacement Paris-Nantes, les fesses vissées 4h dans une auto.

La trilogie (scénique) du vendredi soir

Le début des hostilités avait été annoncé pour 20h30. L’attente dans les différentes files d’attente se fait vraiment sans encombre. A peine 5 minutes à chaque check-point. Ces minutes paraissent interminables, car au loin, résonne déjà l’appel d’un certain Paul Ritch lorsque que l’on foule enfin le sol paco tysonais.

La première partie de la soirée (scène house), c’est une Molly bien dans ses pompes et dans sa house, qui nous a fait nous déhancher tout en douceur, au rythme chaloupé d’une house bien à elle : vacillant entre les premières messes de Chicago, à celle versée dans la techno. Un savant mélange progressif qui donne naissance à une Tech House tout en pulsation. Puis est venu le temps de celui qu’on ne présente plus depuis sa percée dans les années 2000. Le grand, l’illustre Omar S. Aux notes de son The Shit Baby, les vrais reconnaissent les vrais et le public est plus que réceptif. Les têtes chancellent au rythme de sa house dont les lignes côtoient en toute finesse la techno de son Détroit natal et la minimale incisive.

Joy Orbison clotûre la scène house avec un parfait voyage entre la house revival d’Omar et ce qui fait sa touche : une ambient house qu’il n’a pas hésité à pimenter d’acid, légèrement saupoudrée de techno. Ce qui nous a bien préparé pour la seconde partie de la soirée en scène principale. Mais avant, un petit détour s’impose chez Fernanda Martins qui s’échauffait déjà sur la scène hardcore. Un bain de foule et de la musique qui suait l’envie de se défouler et surtout de ressentir violemment, intensément et énergiquement. Merci à la dj brésilienne pour son énergie communicative !

Lorsque le hardcore a commencé à être trop dur dans la peinture, on s’est rapproché de Derrick May en scène principale, qui a son habitude à tabasser sans jamais agacer. Faisant parti des pères fondateurs de la musique techno, il a livré ce qui fait son essence : une musicalité qui cogne et des lignes de basses percutantes. Enfin, pour un final plus que jouissif ce sont les organisateurs de notre cher festival Maelstrom VS Discord de chez RAAR, qui ont fait chatoyer nos oreilles. Le “versus” de leur association n’est que leurre. Ils ont bâtit à eux deux, tout au long de ce set final, une techno sans frontière et complémentaire. Gros big up à vous les mecs ! Ils ont posé leur set OKLM et ont fait fi de la pression énorme qui devait peser sur leurs épaules.

Le parti pris assumé du samedi

Un point très important à noter donc, c’est que le festival Nantais à fait le choix de dépasser le côté binaire de la plupart de ses homonymes : une scène techno et une autre house. Et ça a fait du bien ! Autant le vendredi nos oreilles ont préféré rester dans leur zone de confort, autant samedi, c’est dans la (re)découverte qu’elles ont plongé ! Eh oui, qu’on se le dise, le samedi à Paco, c’est la scène hard qui nous a mis des paillettes plein les mirettes et du miel plein les esgourdes. On l’aura squatté jusqu’au bout. Mais tout de même, entre deux sets de transes, nous sommes allés voir du côté de la scène principale. Avoir la chance d’écouter le résident du Berghain, Ben Klock, jouer pour la première fois à Nantes a été un moment super cool, partagé intensément. Le berlinois aura mis les pendules à l’heure sans jamais vraiment sortir de sa zone de confort. Mais c’est bien l’anglais Inigo Kennedy de chez Token Records qui a étonné par son éclectisme et sa techno envoûtante et bien léchée, et nous a offert une belle arrivée musicale au sommet. Ayant une certaine “affinité” avec ce bon vieux Manu Le Malin, ici venu avec son alter égo : The Driver, nous sommes retournés en terre hardcore.

Les Nantais Alqa Wakké (big up à vous Gauthier et Antoine!) nous ont régalé de leurs puissantes percussions sur djembé et d’un mix d’acid techno, hardgroove et autre progressive. Juste ce qu’il fallait pour une mise en bouche qui a tenu sa promesse du côté de Coming Soon !!! le duo américain d’Irad Brant et Dui Bitton, énergique comme pas possible, vivait la musique de la tête aux pieds enchaînant les cut chirurgicaux et les drop à point nommé. Suivis par deux autres spécimens atteints de folie joyeuse, l’espagnol Painkiller et l’israélien Bliss qui forment à deux, le projet A-Team. Leur trance allait puiser autant dans la Nutek que dans la psychédélique trance, sans jamais oublier un peu de psytrance. Et pour conclure ce festival qui a été en tout point soin sans cesse, c’est Captain Hook qui a mené la barque et nous a fait prendre le grand navire de sa psytrance à nous en donner le mal de terre et l’envie de ne jamais redescendre de son bateau. Nous étions tous des Peter Pan face à lui, pourtant aucun sentiment de haine dans l’air, que de l’amour et de la musique.

Il ne reste plus qu’à attendre Pâques 2018 afin de retrouver toutes ces bonnes ondes ! Peut-on cependant, espérer un Noelo Bacon ? Allez, ne nous faisons pas ce mal.

Report concocter par notre Douce aka DouDou.
Crédit photos Diazzo

DOUR FESTIVAL 2016 • On fait le bilan, calmement

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Le bilan de Dour 2016. En une infographie, une vidéo et un report !

AFTERMOVIE DOUR 2016

Pour planter le décor, le contexte et un brin de personnalité dans ce report, on vous propose de commencer par visionner ce court aftermovie fait-maison avec plein d’amour :

 

REPORT DOUR 2016

Voilà, maintenant on va essayer de résumer ce que vous avez vu en 3 minutes par écrit. Au lieu de faire un sempiternel récit jour par jour de notre expérience personnelle à Dour, j’ai délibérément et subjectivement décidé de faire un simple J’ai aimé/J’ai pas aimé. Je vous invite d’ailleurs à enrichir ce contenu en commentaire. Je suis sûr que l’équipe de Dour sera ravie de recevoir vos différents retours pour améliorer l’aventure Dour l’an prochain.  :

On a aimé

  • L’emplacement de la Last Arena. Plus d’espace, plus de capacité et mieux intégrée à l’ensemble, je crois que la scène principale de Dour a enfin trouvé son emplacement idéal.
  • L’ingénieur-son de la Petite Maison Dans La Prairie qui passait le générique de la série du même nom durant les inter-plateaux. Bisous à toi bel homme.
  • La sélection musicale de MCDE. Comme prévu, le DJ allemand nous a offert une grosse séance groovy à souhait. En clôture juste après Henrik Schwarz, c’était beau.

  • Le live de DJ Premier & the Badder Band. Au-delà des éternels et traditionnels « R.I.P Guru, J Dilla, Big L » et toute la clique, Primo a su nous surprendre. Accompagné d’une équipe de folie, coucou l’incroyable batteur et le saxophoniste de génie, son show embarqua la Last Arena dans un tourbillon hip hop, teinté de soul et funk !
  • L’envolée mélodique de Sigur Rós. Ok, ce n’est pas le top pour se chauffer un samedi soir, surtout avant Underworld. Mais au final, l’islandais a su nous capter dès le début de son show et nous a gardé emmitoufflé dans un cocon musical cotonneux et atmosphérique à souhait.
  • L’ambiance et le hamac du Petit Bois. Parce que le Petit Bois, c’est sans doute le meilleur endroit du festival pour chiller, se détendre, prendre du bon temps et profiter du son des copains de l’équipe de Dour. C’est aussi le parfait endroit pour retrouver tes potes après les avoir perdu. Véridique.

  • La scénographie de la scène Red Bull Elektropedia. Épileptiques s’abstenir. Situé dans cette sorte de cuvette naturelle, la scène consacrée aux différents courants de la scène électronique mondiale a une fois de plus convaincue tout le monde. Plus grandiose et imposant que les palmiers géants de l’an dernier, il fallait être là pour le voir.
  • La Red Bull a d’ailleurs accueilli les hollandais de Dope D.O.D. pour un show survolté. Programmés le samedi à 18h30, ils sont venus, ils ont présenté leur dernière mixtape Acid Trap, ils ont tout cassé et ils sont repartis. Ce nouveau projet du groupe délaisse un peu l’ambiance Dubstep pré-installée pour un style mixant Drum’n Bass, Bass et Trap. De gros bangers des familles en somme.
  • La Cubanisto Dancing. Ambiance cosy et familiale. Programmation intéressante, innovante et pertinente. On ne voulait surtout pas manquer cette nouveauté 2016.
    La disposition et décoration circulaire du chapiteau donne une ambiance plus conviviale, plus fédératrice entre l’artiste et le public. Des bisous aux festivaliers qui ont contribué à magnifier la décoration florale des poteaux du chapiteaux.
  • Les rythmes envoûtants de Konono N°1. Les sons du groupe congolais nous ont littéralement mis en transe. Pour un dimanche soir, à 21h30, c’est un bel exploit d’avoir réussi à nous bouger de notre chaise longue.

  • Le coin presse. Très convivial et accueillant, c’est le repère des blogueurs et autres journalistes tout fiers d’avoir un bracelet différent du commun des mortels. Bon, il faut dire que c’est un endroit bien pratique pour recharger les téléphones de tes potes et pour Instagrammer ta dernière vidéo floue de Salut C’est Cool. L’open-bar de 19h est aussi très appréciable.
  • Nos voisins de camping. À vous, chers flamands dont la tonnelle s’est faite arraché par le vent. À vous chers hollandais aux yeux baladeurs. À vous, compatriotes français dont la folie n’a d’égale que la générosité. On vous aime tous, vous êtes beaux.

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  • L’éternelle bonne humeur des belges. Si vous saviez comme on vous aime bande de coquins <3
  • Caballero, JeanJass et l’incruste de Lomepal. Les gars sont chez eux, ça se sentait et l’énergie dégagée était incroyable communicative.
  • L’énergie de Salut C’est Cool durant toute la semaine. Rien que pour la performance, chapeau.
  • Le live de Marek Hemmann
  • La présence scénique de Jazzy Bazz
  • La grosse claque donnée par Denzel Curry. Cet artiste qui m’était inconnu jusqu’alors a su, en 5 minutes, me faire danser comme si je vivais les derniers instants de ma vie. Pendant que certains festivaliers montaient sur les piliers du chapiteau, nous jouions des coudes dans cette fournaise qu’était devenue la Boombox.
  • Ahhh Alltta. Qu’on se le dise, le show du duo était mémorable. Cependant, de mon humble avis, je dénote chez 20syl cette facilité à servir la même recette que d’habitude. Elle fonctionne à merveille, d’autant plus avec un MC comme Medeiros à ses côtés, mais on n’est plus surpris. C’est du C2C, c’est du déjà-vu, déjà-entendu, c’est du 20syl. D’autant qu’on a l’impression que ce projet, par sa dimension visuelle et instrumentale, tourne quand même beaucoup autour de ce dernier. Quoi qu’il en soit, ce fut un très beau show qui a su mettre d’accord tout le monde.

  • Les beats langoureux de Ta-Ku. J’étais pas prêt. Je pensais prendre de grandes basses dans les oreilles mais le producteur australien a préféré nous lécher les oreilles de beats langoureux.
  • La folie du live de Skepta. Il n’y a pas à dire, le mec est chaud et à retourné la Boombox. Sans bavure.
  • La sélecta musicale de Sango. Et seulement la sélection. Car bon, on ne va pas vous mentir, ça se sent que le mec n’est pas un DJ, c’est principalement et surtout un excellent producteur. Pour enchaîner les morceaux correctement, c’est une autre histoire. Mais l’essentiel était là.
  • Un dimanche après-midi avec Nosaj Thing. What else ?
  • Se briser la tête devant Comah. Puis revenir de la Cannibal Stage en titubant, direction le camping C. En silence. Sans rien demander en retour. Être heureux.
  • La belle découverte : Honne. Histoire de se faire des câlins dans l’herbe un jeudi après-midi.

  • S’accrocher au sound-system pendant U-Roy et Hot Steppa. On a tendance à trop vite oublier le Dub Corner. Cette scène met à l’honneur la scène Dub et Reggae et elle le fait bien. Postichés devant les enceintes, on n’a même plus besoin de ce blunt tendu par un copain pour se sentir bien.
  • Faire chauffer les semelles avec Boris Brejcha.
  • Les frites. Belgium qualitat. Sauce américaine sur les eins. Bim.
  • Les pastèques. Le truc qui nourrit et désaltère en même. Probablement la meilleure invention depuis le couteau suisse.
  • Terminer le festival en faisant des câlins à un maximum de festivaliers. Parce que Dour c’est l’amour, on y est bien, on est soi-même et on en redemande.

On a moins aimé

  • L’absence de stands pour choper des étylotests. Bah ouais, on est des personnes responsables et on tient à notre permis de conduire. Fournir des capotes c’est cool, mais sauvez des permis et des vies ça l’est aussi.
  • L’ingé-son de Prodigy. Il était soit sourd ou bourré, ou les deux. En tout cas, c’était moche.
  • L’ingé-son de Daniel Avery. Soit ça manquait clairement de basses, soit nos oreilles ont pris trop chers.

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  • Le prix d’une bouteille d’eau. L’eau au même prix que la bière, ça peut en faire sourire certains, néanmoins 1 ticket (environ 2,75e) pour 50cl d’eau plate, ça fait un peu chier. Un point d’eau gratuit sur le site pourrait être sympa. #TshirtMouillés
  • La Jupiler. Un seul bar qui fournit des bières spéciales c’est short. La Jupiler, ça va 5 minutes mais de bonnes vieilles bières belges comme il y en a tellement chez vous ne seraient pas de trop.
  • Les sachets plastiques à l’entrée du site. Pas très éco-friendly les gars.
  • Manque de toilettes sèches. 4 toilettes sèches, c’est un début. L’idée est là, foncez les gars.
  • Les odeurs. Je sais bien que personne n’y peut rien mais faut avouer que des relans de toilettes ayant pris la chaleur toute la journée, c’est pas le top en croquant une fricadelle.
  • Ne pas pouvoir rentrer sur le site avec nos bouteilles d’eau 50cl achetées 2e sur le camping. J’vous jure, c’était que de l’eau.

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  • L’absence (partielle) d’éco-cups. On ne pouvait en trouver qu’au bar du Petit Bois et c’est bien dommage. Malgré la carotte incitant à collecter 40 gobelets en plastique contre un demi, favoriser les éco-cups rendrait le site beaucoup plus propre et faciliterait la tâche des bénévoles chargés de nettoyer le site.
  • La bouffe. Bon clairement là c’est un peu subjectif, mais si vous voulez manger sain et équilibré, prévoyez une glacière pleine de fruits et légumes parce que sinon c’est mort. Non, au-delà de l’aspect nutritif, il est admis par la plupart des festivaliers que les burgers… À l’exception d’un bon gros pita mixte sauce andalouse et de bonnes frites bien grasses, nos estomacs n’ont pas vibré de bonheur.
  • Le prix de la bouffe. Bah ouais du coup 9e le burger pas bon, c’est un peu reuch.
  • La queue pour prendre sa douche et aller aux toilettes. Il y a du mieux par rapport à l’an dernier mais 4h du matin reste toujours la meilleure heure pour aller se doucher et aller au petit coin. Entre midi et 16h, prévoyez un siège, un bouquin et une casquette pour être calé pénard dans la file d’attente. Allez, un point d’eau/toilettes/douches supplémentaire dans le Camping C et on s’approchera de la perfection.
  • La sécurité qui nous a confisqué notre mégaphone. #JeSuisMégaphone #PrayForMégaphone #RIPMégaphone
  • La programmation 2016. Non, je déconne.

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INFOGRAPHIE DOUR 2016

Enfin, pour résumer en chiffres ce qu’à été l’édition 2016 du meilleur festival belge, nous vous proposons de jeter un oeil sur cette nouvelle infographie. Preuve que nous avons affaire à une organisation des plus rodées :

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Merci à Damien de Dour, à Julien pour la vidéo, Mathieu pour l’infographie. Louella, Léa, Laurie et Alice pour les photos. Big up aussi à Sourdoreille et On Stage pour les vidéos live.

FESTIVAL VISIONS 2016 • Report perdu entre ciel et mer

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Après une année d’absence, le Visions Festival a établi demeure sur le magnifique du Fort de Bertheaume, le temps d’un week-end du 5 au 7 août. Tous les ingrédients, savamment mijotés, ont donné à ce festival visionnaire, une saveur inoubliable.

 

VENDREDI 5 AOÛT

 

Après une longue route remplie de joyeux bouchons, nous arrivons enfin dans ce joli village du bout du monde : Plougonvelin (Plou-plou pour la famille). Après un an d’absence, c’est en terre inconnue que le label indépendant Disques Anonymes installe son Festival Visions : au fort de Berthaume et sa magnifique vue magnifique. Oui, belle répétition de « magnifique » parce que ça le vaut au moins trois fois.
Accueillis par une horde de bénévoles survoltés, on descend la petite route menant au fort pour rejoindre le camping pentu. D’ici, la plage et la mer nous draguent avec une incroyable vue. Accessible en 154 pas, nous ne manquerons pas d’y aller pour chiller plus tard dans le week-end. Tentes plantées, Curly dégommés, verres vidées, clopes roulées, il est l’heure de fouiner ce qui se passe sur le site. Visions bonsoir. Petit tour du propriétaire : ici, pour te dandiner sur de la musique douce, tu as deux choix. Toute d’abord nous avons la première scène, la plus grande, située dans une sorte d’amphithéâtre naturel en aplomb de la mer bleue azur avec le fort de Bertheaume en arrière-plan. Voyez plutôt.

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Dans ce lieu, nous aurons la chance de profiter du combo de texture froissée et de chaleur électronique d’un grand nom de la scène électrique, Dopplereffekt. Venant tout droit de Detroit, ces héritiers de Kraftwerk nous offrent une expérience artistique de haute volée. Dans un autre style, mais qui vaut aussi son pesant de cacahuètes, le fruit de notre réconciliation avec le punk français : Détente 666. Signé sur le label Turc Mécanique, ce duo strasbourgeois combine parfaitement une petite pointe minimale à la vapeur du synthé, à la guitare du turfu à sur des paroles barrées et remplies d’une joie criarde. Bref, à en sauter au plafond. Rendez-vous sur la seconde scène, plus petite, située au bout du festival. On y retrouve Lakker et le plus grand fou du monde Le Crabe. Ces sons de destructions massive nous mettent littéralement en transe et nous envoient valser au plus profond de notre âme. Magique. On finit la soirée à laisser nos corps et nos cœur mourir lentement sur la plage, le vendredi touche à sa fin. Vivement demain.

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SAMEDI 6 AOÛT

Au petit matin, réveillés par quelques lève-tôt ou couche-tard, on retrouve le camping embué sous une douce rosée du matin. Nos voisins de gauche, par élan de gentillesse ou de je-m’en-foutisme, nous ont laissé squatter à quelques millimètres de leurs tentes. Les échanges de salut et autres formules de politesse fusent. Il y a de la bonhomie dans l’air, on sait tous pourquoi nous sommes tous là : des copains, de la bonne musique et du bon Ric… Ne nous fourvoyons pas. Le ciel de Bretagne, fier de prendre sa revanche, nous gratifie d’un bleu sans encombre et de 30 degrés bien secs. Mais pas de bol pour lui parce qu’à Visions, à 3 minutes de marche les festivaliers ont les orteils dans l’eau et la bouteille de bière plantée dans le sable. Quand certains chillent, d’autres s’adonnent aux jeux de lutte ou font quelques plongeons et tours de barques le long de la plage… Aussi, il n’est pas rare d’apercevoir au loin des festivalières libérer leurs chakras et se gonfler d’énergie avant la soirée mémorable qui les attends. De retour du coin de paradis qu’est la plage de Plougonvelin, au camping c’est une autre ambiance qui nous attend. On nous dit à l’oreillette que c’est Maison Acid qui fait encore des siennes. Le trio nantais s’est installé sur le parking à l’entrée du site. Voitures faussement tunées, dégaines d’enfants terribles, énergie intarissable et communicante. Tel un prédicateur fou, Gauvin, chanteur-brailleur du groupe psalmodit «  Oui, oui ! Vous ne le savez pas encore mais vous êtes déjà entrain de danser. Vous êtes déjà entrain de perdre vos neurones sur du Gabber, sur un parking à 15h ». En effet, il est 15h et ça mitraille déjà dans nos entrailles. Après une heure de boum boum dans nos petits cœurs, il est temps de décompresser et de retourner à notre cher Ric… Eh oh, ça va oui.

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Il est 21h00. Le temps de casser la croute (et pas des moindres). On se dirige sur la scène 1 du site en forme de Colisée, celle où la magie s’opère. Devant nous, celui qu’on attendait avec impatience : Black Devil Disco Club. Sur scène il dégage quelque chose, un-je-ne-sais-quoi qui force l’admiration. Peut-être ses 30 ans de carrière, sûrement la qualité technique des morceaux qu’il balance avec précision sur son ordinateur pc qu’il qualifie lui-même de « très vieux comme lui ». En une heure de live, un mélange d’italo-disco, où les synthés et les distorsions de voix sont rois, avec des lignes de réverbérations planantes et une bass line toujours entrainante. Aucun moment de répit pour le plaisir des oreilles et du cœur. Black Devil Disco Club a été la petite claque ovniesque qui aura mis toute l’équipe de Soundigger d’accord ! Pour digérer la claque, le ravitaillement en bières s’impose, bières locales bien évidemment. Puis c’est devant un Bernardino Femminielli complètement barré sur scène, avec son show watezefuck que l’on abandonne : un Bob l’éponge lubrique et encore plus chelou qu’à l’accoutumée. Rien Virgule, Roberto Suco et Shitwhire lui succéderont et cracheront avec pugnacité un son punk, rock et bien crade, saupoudré de solos de batterie dément !

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Mais c’est bien sur la scène 2 que l’on a perdu plusieurs calories, quelques neurones et des litres de bières. High Wolf n’avait pas menti. En loup alpha maître du planant, il nous a élevé vers des contrés mi-chamaniques mi-électroniques. Phase Fatale a été cash et sans hésitation. Il a balancé une techno sèche et moulinée à l’industrielle, sans pour autant tomber dans les travers d’un boum boum toujours pareil comme dirait l’autre ! Sons saccadés, basses répétitives, distorsions et notes biscornues, montées frustrantes et récompenses bien méritées. Le nombre de « Oh lo lo !» pendant son set a été de l’ordre d’un toutes les minutes. Il a su être fatal comme il se devait. A 1h, c’est Rrose, belle découverte, qui a joué avec nos sens et a fait halluciner notre cerveau et nos oreilles. Ce personnage nous a intrigué : visage plastique, émotions sous vide mais techno envoutante, rythme planant et bruits venus d’une autre dimension. Rrose confiante, a su faire monter tout doucement la pression, alterner en finesse des boucles de percussions, de grosses basses et les mélodies. Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de son génie et nous préparer pour le dessert en la personne de Renart. On ne vous reparle même plus des « oh lo lo » et autres onomatopées de satisfaction. Renart s’est installé et a sorti tous les instruments pour opérer nos crânes. Sons d’une minimale chirurgicale : basses rondes et spatiales en contradiction avec un tempo non plus binaire de techno froide, mais un tempo en quatre temps pour le plaisir de nos pieds. Renart n’a pas eu peur d’étaler les couches, de superposer les lignes et de produire un son qui tabasse et tronçonne. Autour de nous, les festivaliers ont tout donné lors de son live. Un Pikachu la tête dans les étoiles, vacille en rythme, là-bas une jeune femme en extase fait de grands sauts et crie à tue-tête ; chacun y va de son cri de guerre. Sans relâche l’artiste s’est donné et les festivaliers le lui ont bien rendu. Pour la fin de son live, c’est un monsieur Renart qui culmine en hardtek pour redescendre tranquillement mais sûrement sur une bassline trap. De quoi rendre fou le public, encore plus reconnaissant de cette fin de samedi épique. Pour certains, la soirée du samedi ne s’est terminée qu’au levé du soleil avec le bruit du flux et du reflux de la mer, celui des enceintes portatives, de mélanges d’alcools chauds et de copains mi-fous mi-jonjs*… Ce samedi au Visions Festival c’était en somme, une parenthèse magique : un festival-vacances passé trop vite (merci la préfecture !) où tous les éléments étaient parfaitement en accord.

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DIMANCHE 7 AOÛT

 

Ce réveil est un peu compliqué. L’after de la veille y est sûrement pour quelque chose, mais pas de panique, on va s’en remettre et l’équipe de Visions a pensé à tout. Quoi de mieux qu’un petit-déjeuner avec vue sur la mer ? Café, jus de fruit, tartine de beurre et confiture, nous voilà parés pour attaquer cette dernière journée de festival. 

On débute les hostilités à 19h30 avec le niçois Itoladisco qui nous a offert un live expérimental mêlant sons d’ambiances et bruits divers pour former une musique surprenante sous le soleil qui venait juste de pointer le bout de son nez. Figurez-vous qu’on a bien tapé du pied et on n’est apparemment pas les seuls à avoir apprécié puisqu’on s’est retrouvé embarqué dans une chenille improvisée qui a déambulé autour de la scène au rythme des différents tracks. Une réveil parfait pour certains, un début de soirée qui s’annonce prometteur pour les autres.

 Les transitions entre chaque artiste sont un poil longues mais bon, on ne va pas s’en plaindre, ça nous a largement laissé le temps de nous recharger en bière, et même d’aller déguster quelques falafels accompagnés d’une salade et de frites fraîches ou un fameux et succulent rougail saucisse. Et je pèse mes mots ! Non, on n’est pas là que pour la bouffe, mais il faut dire que cela ne nous laisse pas indifférents. Tout est à base de produits bio, locaux et à des prix raisonnables. Ça change de certains festivals, nos petits ventres nous en remercient.

 La panse bien remplie, on enchaîne avec December alias Tomas More qui nous a régalé avec un très bon set, mélange de techno froide et industrielle ponctué de moments plus house, plus love plus chaud.

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On part faire un tour pour se réapprovisionner en bière et là, c’est la débandade : les fûts d’IPA sont à sec, elle était pourtant si bonne. On se rabat sur la Coreff, blonde, classique mais efficace. Les grosses basses des Brestois d’UVB 76 sonnent comme un rappel à l’ordre, c’est le moment d’y retourner. Le duo breton nous propose un set audio-visuel alliant sonorités noise et industrielles à des ambiances cinématographiques. On en attendait beaucoup après leur grosse performance sur la scène tremplin d’Astropolis début juillet. Un show malheureusement brièvement interrompue par quelques gouttes de pluie et malgré un beau travail de complémentarité on regrettera que la projection ne fût pas un peu plus grande, une petite déception.

 On continue avec l’anglais Shifted qui séduit les Visionnaires adeptes de ce qu’on pourrait qualifier de « techno post-indus », une musique noire faite de tunnels, de distorsions et de puits sans fonds. Nous, on s’est laissé aller, allongés dans l’herbe les yeux fermés, une sorte de voyage sensoriel dans l’espace et le temps (c’est beau hein ?).

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Le voyage se prolonge dans un univers brut et pour le moins rythmé avec l’allemand Ancient Methods, figure emblématique de la techno industrielle qui a l’honneur de clôturer la soirée. On bouge la tête et le popotin sur un dernier track, le son se coupe, on ouvre les yeux les jambes dansent encore un peu toutes seules, on avait pas vraiment envie que ça se termine, du moins pas aussi tôt.

 C’est la fin officielle du Visions festival. Officieusement, les plus téméraires ont de nouveau continué la fête sur la plage. Pas de système son Nexo ou de Fuktion One, mais quelques fond de bouteille et une Logitech qui nous emmènent jusqu’au bout de la nuit.
 Merci Visions, merci les Disques Anonymes. Vivement l’édition 2017 ! Oui, oui, il y en aura bien une.

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*Jonj : n.m. Personnage un peu simplet, nigaud, pitre etc.

 

Crédits photos : Titouan Massé Photography

Jeff Mills, « THE MAN FROM TOMORROW » : Un documentaire expérimental en ouverture du Weather 2015

By | Chroniques, Live-Reports, Techno/House | No Comments

Le Weather festival 2015 à Paris s’est ouvert le 27 mai par la projection du documentaire « Man From Tomorrow » réalisé par l’artiste Jacqueline Caux et mis en musique par Jeff Mills, personnage fantomatique placé au cœur du film. Une expérience inédite, mentale et sensorielle, amenant le spectateur à saisir, par bribes, les secousses agitant l’esprit du bien-nommé « The Wizard ».

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