Vendredi 14 et samedi 15 avril a eu lieu Paco Tyson : le premier festival de musique électronique Nantais dans le parc de la Chanterie. Un long week-end bien mérité après un hiver long et gris, où chacun y est allé de sa (paco) tise en main et autres jeux de mots fleuris. Retour (subjectif) sur deux jours de folie joyeuse et de retrouvailles en terre nantaise.

Lorsque les mecs d’Illmatic et de Sweat Lodge ont l’idée de faire une méga-soirée de deux jours, en résulte du lourd en tonne. A la vue du nombre de personnes intéressées au tout nouveau-né des festivals, je sens mon coeur s’emplir de fierté et de joi(ss)e. En arrivant sur le site, à vue d’oeil nous sommes facilement entre 5.000 et 10.000 amoureux de musique électronique, celle qui fait vibrer les bpm de nos petits corps. Une ambiance festive, bon enfant et bon soulard (qu’on se le dise on est tout de même en Bretagne historique). Les bénévoles sont pleins d’entrain, tout est fait pour kiffer en toute sérénité. Le sol était recouvert de décorations lumineuses magnifiques, un véritable émerveillement de la rétine ! Et mention spéciale aux toilettes décorées d’une Madone fleurie et illuminée. Ca valait sans aucun doute le déplacement Paris-Nantes, les fesses vissées 4h dans une auto.

La trilogie (scénique) du vendredi soir

Le début des hostilités avait été annoncé pour 20h30. L’attente dans les différentes files d’attente se fait vraiment sans encombre. A peine 5 minutes à chaque check-point. Ces minutes paraissent interminables, car au loin, résonne déjà l’appel d’un certain Paul Ritch lorsque que l’on foule enfin le sol paco tysonais.

La première partie de la soirée (scène house), c’est une Molly bien dans ses pompes et dans sa house, qui nous a fait nous déhancher tout en douceur, au rythme chaloupé d’une house bien à elle : vacillant entre les premières messes de Chicago, à celle versée dans la techno. Un savant mélange progressif qui donne naissance à une Tech House tout en pulsation. Puis est venu le temps de celui qu’on ne présente plus depuis sa percée dans les années 2000. Le grand, l’illustre Omar S. Aux notes de son The Shit Baby, les vrais reconnaissent les vrais et le public est plus que réceptif. Les têtes chancellent au rythme de sa house dont les lignes côtoient en toute finesse la techno de son Détroit natal et la minimale incisive.

Joy Orbison clotûre la scène house avec un parfait voyage entre la house revival d’Omar et ce qui fait sa touche : une ambient house qu’il n’a pas hésité à pimenter d’acid, légèrement saupoudrée de techno. Ce qui nous a bien préparé pour la seconde partie de la soirée en scène principale. Mais avant, un petit détour s’impose chez Fernanda Martins qui s’échauffait déjà sur la scène hardcore. Un bain de foule et de la musique qui suait l’envie de se défouler et surtout de ressentir violemment, intensément et énergiquement. Merci à la dj brésilienne pour son énergie communicative !

Lorsque le hardcore a commencé à être trop dur dans la peinture, on s’est rapproché de Derrick May en scène principale, qui a son habitude à tabasser sans jamais agacer. Faisant parti des pères fondateurs de la musique techno, il a livré ce qui fait son essence : une musicalité qui cogne et des lignes de basses percutantes. Enfin, pour un final plus que jouissif ce sont les organisateurs de notre cher festival Maelstrom VS Discord de chez RAAR, qui ont fait chatoyer nos oreilles. Le “versus” de leur association n’est que leurre. Ils ont bâtit à eux deux, tout au long de ce set final, une techno sans frontière et complémentaire. Gros big up à vous les mecs ! Ils ont posé leur set OKLM et ont fait fi de la pression énorme qui devait peser sur leurs épaules.

Le parti pris assumé du samedi

Un point très important à noter donc, c’est que le festival Nantais à fait le choix de dépasser le côté binaire de la plupart de ses homonymes : une scène techno et une autre house. Et ça a fait du bien ! Autant le vendredi nos oreilles ont préféré rester dans leur zone de confort, autant samedi, c’est dans la (re)découverte qu’elles ont plongé ! Eh oui, qu’on se le dise, le samedi à Paco, c’est la scène hard qui nous a mis des paillettes plein les mirettes et du miel plein les esgourdes. On l’aura squatté jusqu’au bout. Mais tout de même, entre deux sets de transes, nous sommes allés voir du côté de la scène principale. Avoir la chance d’écouter le résident du Berghain, Ben Klock, jouer pour la première fois à Nantes a été un moment super cool, partagé intensément. Le berlinois aura mis les pendules à l’heure sans jamais vraiment sortir de sa zone de confort. Mais c’est bien l’anglais Inigo Kennedy de chez Token Records qui a étonné par son éclectisme et sa techno envoûtante et bien léchée, et nous a offert une belle arrivée musicale au sommet. Ayant une certaine “affinité” avec ce bon vieux Manu Le Malin, ici venu avec son alter égo : The Driver, nous sommes retournés en terre hardcore.

Les Nantais Alqa Wakké (big up à vous Gauthier et Antoine!) nous ont régalé de leurs puissantes percussions sur djembé et d’un mix d’acid techno, hardgroove et autre progressive. Juste ce qu’il fallait pour une mise en bouche qui a tenu sa promesse du côté de Coming Soon !!! le duo américain d’Irad Brant et Dui Bitton, énergique comme pas possible, vivait la musique de la tête aux pieds enchaînant les cut chirurgicaux et les drop à point nommé. Suivis par deux autres spécimens atteints de folie joyeuse, l’espagnol Painkiller et l’israélien Bliss qui forment à deux, le projet A-Team. Leur trance allait puiser autant dans la Nutek que dans la psychédélique trance, sans jamais oublier un peu de psytrance. Et pour conclure ce festival qui a été en tout point soin sans cesse, c’est Captain Hook qui a mené la barque et nous a fait prendre le grand navire de sa psytrance à nous en donner le mal de terre et l’envie de ne jamais redescendre de son bateau. Nous étions tous des Peter Pan face à lui, pourtant aucun sentiment de haine dans l’air, que de l’amour et de la musique.

Il ne reste plus qu’à attendre Pâques 2018 afin de retrouver toutes ces bonnes ondes ! Peut-on cependant, espérer un Noelo Bacon ? Allez, ne nous faisons pas ce mal.

Report concocter par notre Douce aka DouDou.
Crédit photos Diazzo

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